lundi 31 mars 2008

Allo Paris ? Ici Tokyo !

Salut la France !

Je vous ecris d une petite boite de 1 metre cube, au coeur d un des quartiers les plus animes de Tokyo : Shinjuku, avec ses enseignes lumineuses dans tous les sens et ses joueurs de pachinko. Nous avons trouve un manga cafe dans lequel nous avons loue un petit espace clos avec ordinateur, television, matelas et une pile de mangas. Pour vous ecrire, ce n est pas si evident : non seulement le clavier est americain (d ou l absence d accent et d apostrophe), mais en plus si j appuie sur certaines touches tout se transforme en kanji illisibles pour moi (et pour vous aussi je suppose) !

Bref, tout va bien ! Nous avons fait le voyage sans probleme, trouvant le vol un peu long, mais supportant assez bien le decalage horaire. Pas facile de resumer en quelques mots nos premiers jours au Japon... Nous allons de decouvertes en decouvertes et tout est toujours plus que ce a quoi nous nous attendions : les cerisiers sont encore plus imposants, la vie des Tokoites plus folle et les restaurants tous plus delicieux. Nous nous deplacons assez facilement, meme si cela ressemble parfois a un jeu de piste.

Nous esperons pouvoir nous reconnecter bientot. N hesitez pas a nous ecrire pour qu on trouve un petit message lors du prochain passage devant un PC !

A bientot !



jeudi 27 mars 2008

Ce n'est qu'un au-revoir !

A l'heure qu'il est, Maître Moun (qui est déjà en vacances) est sans doute en train de courir tout Paris pour faire les derniers achats et en particulier se procurer les derniers yen. Ce matin, avant de partir au boulot, Geisha Line a donné à Maître Moun une longue liste de choses à faire. Elle espère qu'en rentrant ce soir, tout sera fait... à commencer par les bagages de Maître Moun. Geisha Line se réserve le soin de faire son propre sac. La tâche sera rude : les milliards de trucs qu'elle a prévu d'emporter entreront-ils dans le gros sac à dos ? Si ce n'est pas le cas, je sens que je vais la voir se morfondre face au dilemme de savoir quoi laisser de côté.
Bref, vous l'avez compris, ceci est probablement mon dernier post écrit de France. Dans 24 heures, nous serons dans l'avion, au mieux devant un plateau-repas de spaghetti à la carbonara (on part avec une compagnie italienne, on mangera peut-être italien, qui sait ?), au pire coincés sur des sièges minuscules entre des Japonais endormis et des Italiens trop bavards, en train de nous mater notre troisième film américain sur des écrans minuscules.

J'ai jeté un coup d'oeil à la météo. A priori, le temps à Tokyo ne peut être que meilleur qu'à Paris. Si on en croit les prévisions, on devrait arriver avec la pluie, mais le soleil devrait bientôt nous rejoindre :
Ce qui est sûr, c'est qu'il est plus que temps qu'on arrive, car les cerisiers sont déjà en fleurs et si on traîne plus on risquerait de rater les sakura. Est-ce un effet du réchauffement climatique ? Cette année, la floraison des cerisiers a cinq jours d'avance.
J'espère pouvoir vous envoyer quelques mails depuis le Japon. Apparemment, les claviers d'ordinateur ne sont pas qu'en caractères barbares, et on y trouve aussi notre alphabet romain :

(source de l'image ici)

Ne vous inquiétez pas si on ne téléphone pas trop souvent (et message perso à ceux qui se reconnaîtront : n'oubliez pas de prévenir les parents qui n'ont pas Internet !).

Sayonara, comme dit le beau Marlon... ou plutôt matane (じゃ、またね = à bientôt !) comme nous diront nos amis japonais !

mardi 25 mars 2008

Bon débarras

Enfin, on s'est débarrassé du chat ! Ouf, je vais pouvoir respirer et vivre ma vie de mouton en peluche en toute quiétude. Mina le ninja est partie ce week-end chez Papichat et Mamichat, dans la maison aux mille bibelots, surnommée l'annexe du château de Versailles. J'en connais une qui va bien s'amuser, jouant avec les plantes et toutes les petites choses en porcelaine qui décorent les meubles !
Papichat et Mamichat ont eu pour consignes de se méfier de ce jeune monstre qui, pour avoir des croquettes, est prêt à toutes les gentillesses et les câlineries. Vous savez, un peu comme le chat du dessin animé Shrek ! La mission de ses maîtres adoptifs est de ne pas faire prendre de poids à Mina qui est déjà bien assez grosse comme ça pour son âge (8 mois).3 k 300 à la dernière pesée. Combien pèsera la bête après un mois entier à jouer les princesses de Versailles ? Les paris sont ouverts !

Bon, je ne sais pas où en sont mes maîtres. Mais moi je suis quasi prêt à partir !

Je me suis même trouvé un bouquin sympa pour lire dans l'avion : La course au mouton sauvage, de l'écrivain japonais contemporain Haruki Murakami. Un bouquin écrit pour moi !


La boulette

Dimanche après-midi, alors qu'elle s'apprêtait à confirmer une réservation prise il y a plus de deux mois, Geisha Line s'est aperçue par inadvertance qu'elle s'était quelque peu emmêlée dans les dates de réservations des hébergements. Quand je dis "quelque peu", c'est pour faire un doux euphémisme et ménager ma maîtresse. En vérité, elle s'est complètement gourée et a reporté dans son beau tableau Excel de mauvaises dates, décalant une partie des étapes prévues pour le voyage. En gros, elle avait, sans s'en apercevoir, réservé pour les mêmes jours deux hébergements (situés à plusieurs centaines de kilomètres de distance) et pour d'autres jours aucun ! Quand elle s'est aperçue de sa bévue, Geisha Line s'est auto-flagellée. Quand il a appris l'erreur de sa femme, Maître Moun l'a flagellée à son tour. Mais elle a rétorqué qu'il aurait pu lui aussi s'en apercevoir car après tout il était censé également organiser le voyage. Résultat : Geisha Line s'est mise à flageller Maître Moun.Bref, heureusement que moi j'étais en sécurité à l'abri dans mon tas d'affaires à apporter, car ainsi j'ai pu échapper à la séance de flagellations !

Mais mes maîtres n'ont pas tardé à reprendre les choses en main et ont profité du lundi de Pâques férié pour réparer leur cafouillage. Ils ont ainsi passé leur matinée à trouver de nouveaux ryokans sur Internet ou dans les guides, à appeler le Japon et avoir des conversations surréalistes avec des Japonais qui baragouinent un anglais plus qu'approximatif (il s'agit là aussi d'un doux euphémisme). Grâce à cette expérience, Maître Moun a appris la signification de "mochi mochi" (= "allo !") au téléphone et a pu découvrir que les Japonais avaient beau être polis et tout et tout, ils pouvaient parfois raccrocher au nez de leur interlocuteur (on a sans doute fait de faux numéros, notre guide touristique ne notant pas dans les adresses les indicatifs de région !).

Maître Moun et Geisha Line sont bien contents de s'être aperçus à temps de leur boulette qui est déjà réparée. Cela leur aura permis de leur éviter quelques prises de tête une fois sur place. Ils en ont profité pour modifier un peu l'itinéraire du voyage : l'anniversaire de mariage du 1er avril se fêtera à Hakone, avec la belle vue sur le Mont Fuji, au lieu de Bessho Onsen qui est décalé de cinq jours. Au lieu de Takayama et de son festival (dont les dates ne peuvent plus correspondre au planning), nous irons prendre un bol d'air pur en montagne à Nagano, ex-ville des jeux olympiques, et un peu plus au nord à Yudanaka. Maître Moun se réjouit d'avance de son séjour à Yudanaka (ce n'est pas un euphémisme ici, mais une anti-phrase !) : il y a dans cette région une réserve naturelle de singes qui se baladent en liberté et viennent se baigner dans les sources chaudes des onsen.

Un futur copain à Yudanaka ?
Source de la photo ici

Pour le nouvel itinéraire, voir ici.


dimanche 23 mars 2008

Le régime d'Okinawa

Hier, pour notre dernier samedi soir à Paris avant le Japon, on a décidé de se mettre dans le bain. Quoi de mieux qu'une soirée intitulée "Voyage au Japon" pour préparer son voyage au Japon ? La soirée était organisée par Jipango, qui est une association franco-japonaise réalisant sur Paris toutes sortes d'activités en rapport avec le Japon et éditant une petite revue, distribuée dans les restaurants japonais ou les centres culturels. Le thème de la soirée était la découverte de la cuisine d'Okinawa.

Okinawa n'est pas toujours bien localisable sur les cartes du Japon car située très très au Sud : il s'agit de la principale île de l'archipel des Ryukyu, situé entre le Japon et Taïwan, au bord de l'océan Pacifique et de la mer de Chine orientale. Le climat y est subtropical, ce qui doit être bien agréable en hiver où la température ne descend pas en-dessous de 10° C et où les cerisiers fleurissent dès janvier.
Okinawa n'est pas seulement géographiquement à part du Japon. Elle a été également intégrée tardivement à l'empire nippon. En effet, jusqu'à la période Meiji (donc milieu du XIXe siècle), Okinawa était un pays indépendant, vivant assez richement du commerce avec la Chine. Durant la Seconde Guerre Mondiale, la bataille d'Okinawa, en 1945, menée contre les Etats-Unis, fit 230 000 morts du côté Japonais, et fut suivie par une occupation américaine qui dura jusqu'au début des années 1970 et qui abrite encore aujourd'hui une base militaire (pour en savoir plus sur Okinawa, voir Wikipédia ou ce site pour de jolies photos).

Bref, Okinawa n'est pas tout à fait le Japon profond. C'est par le biais de sa cuisine que nous avons fait connaissance avec cette région. L'association Jipango avait déniché un jeune chef d'Okinawa, Ryotaro Gushi, en France depuis quelques mois. La cuisine d'Okinawa est réputée pour être une des cuisines les plus saines au monde. L'île détient le record de longévité et on dit qu'il y a là-bas trois fois plus de centenaires qu'en France.

Nous étions conviés chez Hiroko, dans un magnifique loft parisien joliment décoré, qui bénéficie d'une cuisine ouverte, parfaite pour observer la réalisation des plats. Maître Moun a revêtu son grand tablier de cuisinier. Mais curieusement, il s'est senti un peu timide face au "vrai" chef et donc est resté plutôt discret. Faut dire qu'avec un tablier comme ça, pas facile de passer inaperçu !
Le premier plat dont nous avons pu observer la confection était le Goya Champuru, plat typique d'Okinawa. "Champuru" signifie "mélange" et il s'agit en effet de mélanger les ingrédients suivants :
Vous trouvez de quoi il s'agit ? L'orange, ce sont des carottes, bien sûr ; les cubes blancs, du tofu ; les bouts roses, de la poitrine du porc. Et le vert ? Un zoom pour mieux observer ce met particulier :
A mon avis, amis lecteurs occidentaux, vous n'en avez encore jamais goûté ! Les organisateurs ont dû faire tout Paris pour en chercher et n'en ont trouvé que dans une épicerie indienne du Faubourg Saint-Denis. Il s'agit d'un légume appelé goya (ou niga-uri). C'est une sorte de concombre archi amer. Cru, je ne peux pas dire que ce soit succulent (c'est une litote...), tant l'amertume est prononcée. Mais, revenu à la poêle, avec les autres ingrédients ainsi que des œufs, le fort goût est atténué. Enfin, j'imagine... car à vrai dire, c'était un peu la foire d'empoigne et du coup on s'est laissé un peu surprendre par les convives affamés qui n'en ont pas laissé une miette (on se contentera de regarder la photo du plat achevé ici) !

Heureusement, on a pu se rattraper sur le plat au riz, préparé par le chef : le Takikomi Gohan, confectionné avec un champignon typique japonais, le shiitaké, ainsi que des lamelles de porc et des carottes émincées (la recette retrouvée ici). C'était vraiment bon et ça a plu à nos estomacs ! C'était accompagné d'une salade à la sauce délicieuse. Cette salade Amaebi était agrémentée de crevettes spéciales (du nom de Amaebi), introuvables en France, sauf par le biais d'un importateur qui est venu nous parler brièvement des poissons et des fruits de mer qu'il fait venir de l'autre bout du monde.

Le plat principal était un plat plus connu : des tempura. Il s'agit de beignets qui ont l'avantage d'être très peu gras. Ils sont réalisés dans une pâte à base de farine, de jaunes d'œuf et d'eau. Là, ils entouraient du goya, des haricots verts ou encore des patates douces. Mais on peut mettre aussi dans les tempura des fruits de mer ou bien des tranches du porc. A chacun d'imaginer ce qui lui plaît. Le tout est de réussir à bien saisir la friture.
En dessert, nous avons eu le droit de goûter des beignets typiques d'Okinawa :
Mais on n'a pas trop suivi la confection de la recette, car on était occupé ailleurs ! En effet, la soirée était ponctuée par de petites conférences. Nous avons ainsi écouté le récit d'un amateur d'oiseaux nippons, Olivier Prou. Ce jeune preneur de sons est parti trois ans et demi au Japon pour enregistrer des chants d'oiseaux, dans tout l'archipel. Expérience extra-ordinaire, n'est-ce pas ? J'ai failli ramener un CD pour Mina le ninja, mais bon, je me suis dit qu'étant donné que la vue d'un pigeon la rend hors d'elle, ce serait trop cruel quand même !

La soirée s'est terminée par une tombola. On n'a pas gagné le vol d'avion au Japon, mais on est revenu avec deux bouquins - l'un sur la photographie japonaise en 1945-1975 pour l'apprenti photographe qu'est Maître Moun, et l'autre sur les onomatopées de la langue japonaise.
Et puis surtout, cette soirée nous a permis de rencontrer quelques Japonais vivant à Paris et d'autres amateurs du Japon avec qui nous avons parlé voyage... A quand la prochaine soirée ?


jeudi 20 mars 2008

Check-list

Le temps passe... Voilà, dans une semaine tout juste, nous nous apprêterons à passer notre dernière soirée en France avant de décoller le lendemain matin pour le pays du soleil levant. Comme vous le savez, je suis un mouton organisé. Faisons donc la check-list des dernières choses à faire avant de boucler bagage !
  • Réaliser les dernières réservations d'hôtels --> c'est fait depuis un moment déjà (pour une fois qu'on prépare les choses très à l'avance, c'est à marquer d'une pierre blanche !). Reste plus qu'à confirmer une ou deux réservations, comme demandé par un ou deux établissements.
  • Aller à l'Office de Tourisme du Japon à Paris --> c'est fait depuis hier ! Geisha Line a profité d'une réunion organisée dans le coin (dans le quartier Opéra) pour y faire un tour. Elle n'a pas regretté : elle est revenue avec pleins de prospectus et de cartes hyper utiles.
  • Se souvenir dans quel placard on a rangé les passeports --> pas fait. Une exploration spéléologique dans la maison s'impose, mais on devrait y venir à bout rapidement.
  • Préparer les affaires à emporter --> presque fait pour Geisha Line, qui a commencé à faire un petit gros tas de fringues et autres objets à mettre dans le sac à dos. Du côté de Maître Moun, la préparation des bagages est encore en phase de projet conceptuel, comme le prouve les images ci-dessous :
Devinez quel tas correspond aux affaires de la fille et lequel à celui du garçon...

  • Changer des euros pour des yens --> pas fait. On s'en occupe ce week-end, promis. Faut aussi que Maître Moun cesse d'oublier d'appeler la banque pour leur dire qu'on risque d'avoir une grosse sortie d'argent inhabituelle.
  • Finir les boulots en cours pour partir l'esprit tranquille --> pas fait. C'est là qu'on voit que pour réussir à prendre trois semaines de vacances il faut travailler trois fois plus avant de partir. Enfin je parle pour mes maîtres, moi, ça va, je peux me reposer (je suis mouton au foyer, je vous le rappelle).
  • Se débarrasser du chat --> pas fait... triple hélas ! Heureusement, la bête a l'air pressée de changer d'air et a d'ailleurs déjà préparé ses bagages :
  • Charger le I-Pod de musiques pour pouvoir écouter un peu de chansons françaises en cas de mal du pays --> presque fait. La pile des livres à emporter pour lire dans l'avion et dans le train est constituée, elle aussi. Reste à faire le tri, histoire de ne pas avoir un sac de trois tonnes (le I-Livre n'est pas encore tout à fait au point...)
  • Préparer une petite pharmacie de base, au cas où --> pas fait. Mais si l'on en croit le médecin de Geisha Line, il suffirait d'emporter une boite de Doliprane et... un casque contre les tremblements de terre ! Ah, l'humour du corps médical !
  • Faire le point sur le matériel photographique à emporter (piles ? cartes mémoires ? pellicules ?) --> pas tout à fait fait. Hier soir, Maître Moun a ressorti son vieux réflex argentique et s'est demandé s'il l'emportait pour faire des photos en noir et blanc. Etant donné que Maître Moun n'a pas encore développé les pellicules prises il y a trois ans (ainsi que les photos du mariage), Geisha Line lui a fait remarqué que ce n'était pas forcément une si bonne idée...
  • S'exercer à photographier les arbres en fleurs --> c'est fait, comme le prouve la photo ci-dessous, prise dans un square, près du bureau de Geisha Line :
  • Ne pas oublier de me mettre dans la valise --> pas encore fait avec certitude, hélas ! Ce serait ballot de ne pas emporter le mouton en peluche, alors que ce blog est censé est le sien, n'est-ce pas ?!!

mardi 18 mars 2008

Métropolitains

Voici une image :(Source de l'image ici)

Ça fout un peu les jetons, non ? Il s'agit du plan de métro de Tokyo, dans la langue du pays, c'est-à-dire avec les noms en caractère kanji. Hum, cela me laisse sceptique... Certes, il y a de jolies couleurs, un peu comme sur le plan du métro parisien. Mais vu d'ici, essayer de se repérer sur ce plan, c'est un peu comme si on se lançait dans un énorme jeu de piste. Et ajoutons à cet imbroglio de lignes et de signes barbares (au sens quasi étymologique du terme), les faits suivants :
- la ville de Tokyo s'étend sur une superficie de 2 187 km², pour une population de 12,29 millions d'habitants, contre 105 km² pour Paris qui est donc 20 fois plus petite, bien que ce soit la plus grande ville de France (source des chiffres ici) ;
- il y a plusieurs compagnies de métro et non pas une bonne vieille RATP comme chez nous, ce qui signifie, si j'ai bien compris, qu'il y a plusieurs sortes de tickets ;
- le prix du billet varie en fonction de la distance parcourue, donc il n'est pas si aisée de savoir à l'avance combien on va devoir payer son ticket.
Je n'ai pas encore testé toutes ces infos, lues entre autres ici. J'ai dans l'idée qu'il faut s'armer de patience quand on est un pauvre petit mouton débarquant de son Europe natale...
D'un autre côté, on pourrait dire que tout est une question d'habitude. Si je montre ce plan à un étranger n'ayant jamais mis les pieds à Paris (ou même à un provincial qui n'a pas trop quitté sa campagne) :
(source de l'image : RATP)

... le néophyte en métropolitain parisien pourrait bien se trouver décontenancé face à toutes ces lignes qui se coupent les unes les autres, alors que pour moi, même si je ne prends pas tous les jours le métro, j'ai à peu près le plan dans la tête et connais les lignes par leur numéro.

Concluons cet article ferroviaire par quelques souvenirs personnels de Geisha Line. En regardant ces plans, elle s'est mise à penser à tous les métros qu'elle avait pris dans sa vie. En fait, elle s'est rendue compte qu'il n'y en avait pas tant que ça :
- le métro de Londres, avec ses wagons bas de plafond, ses multiples caméras qui pourraient vous faire prendre pour une star et ses "Mind the gap" ;
- le métro de Barcelone, dont Geisha Line avait arpenté les couloirs impeccables avec son correspondant espagnol, peu de temps après les JO de 1992 ;
- le métro de Rome, dont Geisha Line n'a quasiment aucun souvenir car elle était en 6e en voyage scolaire quand elle l'a pris la première fois ;
- le métro d'Amsterdam, dont Geisha Line a un souvenir plutôt embrouillé pour l'avoir emprunté à 5h30 du matin, après une nuit passée dans le bus Paris-Amsterdam ;
- le métro de Toulouse, quasiment mono-ligne, qui a bien du mal à ressembler à un vrai métro.
Tout compte fait, cela fait vraiment peu de métros. Avant d'en tester d'autres, dans les autres pays du monde, Geisha Line pourra toujours s'amuser à aller en regarder les plans sur ce site.



lundi 17 mars 2008

Quel est votre groupe sanguin ?

Dans un accès de délire philosophique, je disais l'autre jour que la culture à laquelle on appartient détermine notre regard sur le monde. Une idée, un comportement qui paraissent évidents pour nous, ne le sont pas forcément pour un étranger - et vice versa.
Je suis tombé sur ce site dans lequel des Japonais écrivent de petits textes en français pour exposer la façon dont ils voient la France et les Français et cela m'a bien fait sourire. Ainsi, une jeune Japonaise, qui a vécu quelques temps en France, trouve curieux que les Français fassent des gestes de la main lorsqu'ils discutent entre eux, habitude qu'elle dit être inconnue des Japonais dont le visage reste impassible et le corps immobile, même lorsqu'ils sont en grande conversation. Dans un autre article, elle trouve que les Français sont décidément peu travailleurs et est presque scandalisée de les voir boire de l'alcool à table lors du déjeuner. Lorsqu'elle était en France, elle avoue qu'il n'était pas rare de sentir l'alcool sur les gens lorsqu'elle allait à la banque ou à la Poste dans l'après-midi. Comble de l'étrangeté pour elle : les restaurants Mc Donald's osent vendre de la bière ! Pourtant, y a-t-il un seul Français en France pour s'en offusquer ?

Dans un autre article, la jeune Japonaise écrit qu'elle a l'habitude de demander aux gens qu'elle rencontre pour la première fois son groupe sanguin. Elle ajoute que les Français la regardaient avec effarement lorsqu'elle leur posait cette question (un peu comme les internautes face à la question de ce Japonais qui cherche à connaître le groupe sanguin de François Truffaut sur un forum consacré au cinéma).
Renseignements pris, il s'avère qu'il est aussi répandu au Japon de demander le groupe sanguin d'une personne que de s'interroger sur son signe astral. Pour de nombreux Japonais, il existe un déterminisme sanguin selon lequel le caractère et les comportements des personnes dépendraient de leur groupe sanguin. Cette croyance - fondée sur un socle scientifique plus que douteux - est si ancrée que certaines entreprises n'hésitent pas à recruter leurs collaborateurs ou à organiser les équipes d'employés en fonction des groupes sanguins des individus et de leur caractère dominant. De la même façon, quand on établit la fiche d'identité d'une personne (dans des biographies de gens célèbres par exemple), il est habituel d'y indiquer son groupe sanguin.
Cette croyance aurait été développée dans les années 1970 par le livre de l'avocat Masahiko Nomi. Voici ci-dessous un tableau récapitulatif des différents traits de caractères (tableau trouvé sur Wikipédia) :

Dommage pour moi : je ne suis qu'une peluche et je n'ai ni veine ni sang ! Mais au vu de ce tableau, il m'aurait plu d'être du groupe O : c'est le groupe des leaders et des fonceurs qui aiment gagner et sont perspicaces et sexy (voir ici). C'est tout moi, vous ne trouvez pas ?En attendant, ce portrait devrait correspondre à mes maîtres qui sont tous les deux du groupe O. La croyance aux groupes sanguins détermine aussi les relations amoureuses et les attirances entre les sexes. Hélas, j'ai lu quelque part que pour deux personnes d'un même groupe, l'entente n'était pas optimale. Faisons taire cette vilaine croyance, n'est-ce pas ?



Bis repetita

C'est un scandale, une abomination, une honte ! Vendredi dernier, c'était le 14 mars, et... et rien ! Il ne s'est rien passé et Maître Moun est rentré comme d'habitude du boulot, les mains vides. Quel affront pour Geisha Line !
Pour l'excuser, reconnaissons que Maître Moun ignore certainement ce qui se passe le 14 mars au Japon. En fait, le 14 mars est appelé "White Day". Il s'agit d'une Saint-Valentin bis, où les femmes sont à l'honneur.
Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, c'est aux femmes exclusivement d'offrir des cadeaux - essentiellement des chocolats - aux hommes. Pas seulement à leur mari ou à leur petit-ami, mais à tous les hommes qu'elles côtoient, à commencer par leurs collègues de bureau et, quasiment obligatoirement, leur patron. J'imagine que pour une femme qui travaille dans un milieu majoritairement masculin, cela peut faire une sacrée dépense ! Heureusement, il y a une justice et la femme n'est pas en reste. Un mois plus tard, c'est le White Day et c'est cette fois-ci à l'homme de s'y coller : il doit offrir un cadeau aux femmes qui lui ont offert des chocolats le jour de la Saint-Valentin. Et pas n'importe quel cadeau : celui-ci doit avoir trois fois la valeur du présent offert par la femme ! On dira que c'est un peu le principe du crédit : rendre le triple de ce qu'on a reçu !
Si l'on en croit Wikipédia, l'origine de cette fête, apparue à la fin des années 1970, viendrait d'un fabricant de guimauves désireux de relancer son commerce en créant un "Marshmallow Day". D'autres confiseurs ont trouvé que c'était là un bon tuyau pour se faire des sous et ont proposé aux hommes d'acheter du chocolat blanc... d'où le nom donné à ce "jour blanc". Aujourd'hui cependant, les cadeaux ne se limitent plus à du chocolat blanc, mais peuvent être de la lingerie, des bijoux...
Bon, d'accord, ça fait un peu fête commerciale aux intentions plus mercantiles que romantiques. D'ailleurs, certaines mauvaises langues disent que le White Day est une façon d'écouler les boites de chocolats invendues de la Saint-Valentin (il suffit de changer les étiquettes et le tour est joué !).
Il paraît qu'en Corée, on ne s'arrête pas là : un mois après le White Day, il y a le Black Day. C'est la fête de tous ceux qui n'ont rien reçu lors de la fête des amoureux. Ce jour-là, les célibataires s'habillent en noir et mangent des nouilles noires. Selon cette page, les Coréens sont friands de toutes sortes de fêtes. Il y a ainsi un "Peppero Day" où il s'agit de s'offrir des petits biscuits allongés qu'en France on nomme Mikados.

Alors, trêve de bavardage, Maître Moun ! Il est où ton cadeau blanc pour Geisha Line ?


samedi 15 mars 2008

Roland Barthes se met à table

Comme je le disais, je suis en train de lire L'empire des signes, de Roland Barthes. C'est une lecture lumineuse, géniale à plus d'un titre.
Barthes a écrit ce petit essai en 1970 de retour d'un voyage au Japon. Il ne s'agit pas d'un récit de voyage. Barthes affirme vouloir considérer le Japon comme "système". Si ce pays l'intéresse, c'est qu'il lui fournit "une réserve de traits dont la mise en batterie, le jeu inventé" lui permettent de "flatter l'idée d'un système symbolique inouï, entièrement dépris du nôtre" (page 11). En gros, le Japon est pour lui une réserve de signes qu'il étudie à travers plusieurs de ses manifestations - la cuisine, le pachinko (sorte de jeu de flipper/machine à sous), la topologie de la ville, le haïku ou encore le théâtre de marionnettes.
Ce qui sous-tend toutes les analyses de Barthes est le signe "Mu", dont la calligraphie est reproduite en début d'ouvrage. Mu signifie "le vide", le Satori zen qui n'est pas non-sens ou absurdité, mais vacuité qui libère le sens. Ainsi, pour Barthes, le centre-ville est "centre-vide" (p. 47) car lieu où les gens ne font que
passer. Barthes analyse aussi longuement le haïku et considère qu'il y a en lui "exemption du sens" (p. 99), grâce à sa brièveté qui n'est pas le signe d'une pensée riche, mais d'un "événement bref qui trouve d'un coup sa forme juste" (p. 102).

Hum, j'entends certains d'entre vous s'écrier : mais qu'est-ce qu'il raconte Paddy, je comprends rien ! C'est vrai que L'empire des signes n'est pas d'une lecture très facile. Il faut parfois s'accrocher pour arriver à suivre où Barthes veut en venir. C'est à la fois ce qu'il y a de génial et d'absolument irritant chez Barthes : cette façon de tout transformer en concept et de pousser parfois si loin la conceptualisation qu'on se demande si à force de sur-signifier il ne se met pas à ne plus rien signifier du tout.

En tous les cas, L'empire des signes parvient à systématiser la culture japonaise, tout en parvenant à garder sur celle-ci une réelle attention au détail. Pour s'en convaincre, il faut absolument lire les pages que Barthes consacre à la cuisine japonaise. Elles m'ont fait saliver, je ne vous dis pas ! Barthes compare l'art culinaire à l'art pictural. Un plateau repas est "un tableau des plus délicats" : une multitude de morceaux de nourriture ténus, joliment placés dans des récipients raffinés. Tout est magnifiquement ordonné, et en même temps tout est "destiné à être défait, refait selon le rythme même de l'alimentation" (p. 23). Le plateau repas est une palette d'artiste avec laquelle joue non pas seulement le cuisinier, mais surtout celui qui déguste le repas. Barthes parle précisément du riz cuit (dont la "destination substantielle" est "le fragment"), ou encore de la soupe miso dont il vante la légèreté de la "poussière de soja" (p. 26). Un chapitre est également consacré aux baguettes : contrairement à la fourchette des occidentaux, la baguette ne considère pas la nourriture comme une proie à laquelle il faut faire violence, mais comme une "substance harmonieusement transférée" (p. 31).

Je crois que c'est ce graphisme délicat qui ordonne chaque met qui m'attire particulièrement dans la nourriture japonaise. Rien à voir avec le ragoût (et surtout le ragoût de mouton, pouah !) où tout est mêlé dans une grosse casserole et cuit jusqu'à dénaturation de la viande !
Pour l'instant, je ne connais de la nourriture nipponne q
ue les restaurants japonais de la rue Sainte-Anne, à Paris. Par exemple, voici la photo d'un repas partagé avec mon cousin Roddy en août dernier :


Mais si j'en crois les photos d'un des ryokans où je vais aller au Japon, voici le tableau picturo-culinaire qui m'attendra là-bas :


Miam, quand je vous disais que j'en salivais déjà !


L'Empire des signes
Roland Barthes
Seuil, collection Points
2005 / 2007

  • Un petit article intéressant sur L'empire des signes.

Voyager, c'est rencontrer

"Ouvrez un guide de voyage : vous y trouverez d'ordinaire un petit lexique, mais ce lexique portera bizarrement sur des choses ennuyeuses et inutiles : la douane, la poste, l'hôtel, le coiffeur, le médecin, les prix. Cependant, qu'est-ce que voyager ? Rencontrer. Le seul lexique important est celui du rendez-vous."

On lit ces quelques mots dans la fine écriture manuscrite de Roland Barthes reproduite à la page 27 de son génial essai sur le Japon, L'empire des signes (dont je reparlerai très bientôt). Voyager, c'est rencontrer. Certes. Mais rencontrer quelqu'un, ce ne peut être seulement échanger quelques mots avec un hôtelier ou un contrôleur de train. Est-ce même déjà partager une soirée avec un habitant de la région que l'on visite ? En fin de compte, peut-on vraiment rencontrer l'étranger ?

Je ne suis encore jamais allé au Japon. Depuis quelques semaines, je tourne autour de ce pays. Je le regarde de loin, l'observe avec curiosité sous le prisme de ses arts ou de ses écrits. Je m'approche tout doucement de ce pays inconnu. Je contemple la façon dont il se mire lui-même à travers les personnages de ses romans ou de ses films. Je suis spectateur. Un spectateur occidental, qui plus est. Je regarde ce pays d'Extrême-Orient avec ma culture de l'Ouest dont je ne peux véritablement me défaire tant cette culture a structuré non seulement ma façon de penser, mais aussi de voir et de sentir. Vu d'ici, ce que je lis du Japon me semble étrange. Quel drôle de pays où l'on fait tout à l'envers : conduire, écrire et lire ! L'envers est le Japon, comme si l'endroit était la France. Enveloppé par ma culture maternelle, j'en viens à croire que les choses ont un envers et un endroit. Il suffirait d'un pas pour imaginer qu'il y a un bon côté, et donc un mauvais et de vouloir moraliser le regard. D'autres ont commis de tels jugements avant moi...

Voyager, c'est rencontrer. Mais comment ferai-je, une fois sur le sol japonais, pour me quitter un peu moi-même pour entrer à la rencontre de l'autre ? Comment pourrai-je me déprendre de moi-même et de ma culture pour être à l'écoute de la culture étrangère que je connais encore si mal que je la considère simplement comme étrange ? Ma culture européenne est celle construite par le jugement prédicatif de la philosophie aristotélicienne : je vois l'existence comme un ensemble de réunions de sujet et de prédicat. Comment alors réussir à comprendre la culture bouddhiste comme une métaphysique sans sujet saisissant la chose comme événement ? Ma culture m'a appris à donner un sens aux choses en les rapportant à une transcendance. Comment alors imaginer une vie immanente où le dieu n'est pas un être au-dessus de tout ce qui existe ?

Voyager, c'est rencontrer. Il me semble qu'il n'y a rien de plus difficile à partir du moment où rencontrer c'est un peu se quitter soi-même pour s'ouvrir aux autres. Barthes, dans les premières pages de L'empire des signes dit ainsi que "le Japon l'a étoilé d'éclairs multiples" et "mis en situation d'écriture" : "cette situation est celle-là même où s'opère un certain ébranlement de la personne, un renversement des anciennes lectures, une secousse du sens, déchiré, exténué jusqu'à son vide insubstituable, sans que l'objet cesse jamais d'être signifiant, désirable" (page 14 aux éditions du Seuil). Il ajoute que l'écriture est un séisme qui fait "vaciller la connaissance, le sujet". Il n'est pas si facile d'accepter de se laisser ainsi vaciller dans l'inconnu et de remettre en question ses croyances qu'on tenait pour vérités. Voyager, c'est se rendre compte que l'existence ne s'arrête pas à ce qu'on en a vu jusque là dans la sécurité de sa culture d'origine. C'est changer le regard, modifier sa perspective.

(Pardonnez-moi d'être aussi philosophe aujourd'hui. Ça me prend, comme ça, parfois. Ça doit être une contamination de ma maîtresse, Geisha Line. Si ça vous prend la tête, j'essaierai de ne pas recommencer trop souvent, promis !)


vendredi 14 mars 2008

4 lettres synonymes de terreur pour un mouton

Je pensais qu'une fois sur le sol nippon, je serai ENFIN débarrassé de cette peste à poils tigrés qui se fait appeler Mina et que mes maîtres prennent pour un chat, alors qu'il s'agit d'un moutonophage à dents longues et sans aucun scrupule . Mais qu'est-ce que je découvre en surfant sur Internet ? Ceci :
Au Japon, Mina est le nom d'un magazine féminin. Horreur et damnation ! Même à des milliers de kilomètres, ce nom de quatre lettres qui, pour moi, pauvre peluche frêle et innocente, est synonyme de cauchemar, va me poursuivre ! Le pire, c'est que j'imagine que les jeunes femmes japonaises qui, peut-être, auront l'outrecuidance de lire ce magazine sous mon nez, ignoreront probablement que leur lecture superficielle me plongera dans une terreur noire.
Mince, j'aurais dû aller en République Tchèque ou en Russie : là-bas, мина signifie "mine explosive". C'est un nom qui convient bien à ce sale félin : quiconque a été dans la même pièce que ce chat au moment où celle-ci faisait ses choses dans sa litière comprendra tout à fait de quoi je parle !
Si j'allume la télévision, j'espère également que je ne tomberai pas sur ce dessin animé. Mina est en effet également pour les Japonais l'héroïne d'un manga animé. Pfff, j'en frissonne d'avance !

Mina, en pleine action


mercredi 12 mars 2008

Cloclo version nippone

Dans les médias en ce moment, il y a un sujet d'actualité vieux de 30 ans tout juste : la mort de Claude François. Impossible de l'oublier, tellement on nous parle de cet anniversaire.
Quel est le rapport entre Cloclo et le Japon, me direz-vous ? C'est que pour l'occasion il y a un clip qui fait le tour d'Internet : la version nippone du Lundi au soleil. Le chanteur fait un peu peur avec ses lunettes carrées, mais le chorégraphie y est, n'est-ce pas ?


Cloclo, revival made Japan: Lundi au soleil par Kenzo Saeki

Dans un pays où il n'est pas rare de travailler 50 heures par semaine, je trouve le sujet de la chanson quelque peu ironique !

Le chanteur du clip, Kenzo Saeki, n'est pas un novice en matière de reprises de chansons françaises. Quelque clics sur Internet m'ont appris que ce chanteur pop - qui s'auto-proclame "l'homme à tête de sushis" - en était même spécialiste. Il a repris à sa sauce plusieurs chansons de Gainsbourg. Le poinçonneur des lilas, version lounge nippon, c'est... disons... spécial !

  • Le site de Kenzo Saeki, c'est ici... mais hélas en japonais, donc j'ai rien compris !
  • On trouvera sur You tube une page regroupant plusieurs vidéos de Claude François à la japonaise.

A l'hôtel

Il y a déjà quelques jours j'ai lu un roman assez étrange d'une romancière contemporaine, Yoko Ogawa, intitulé Hôtel Iris et publié chez Actes Sud.
La narratrice, Mari, est une jeune fille de 17 ans qui travaille comme réceptionniste à l'hôtel de sa mère quelque peu tyrannique. C'est un établissement sans prétention, dans une villégiature de bord de mer. Un soir, une altercation entre un vieil homme et une prostituée vient troubler la tranquillité de l'hôtel. Mari est marquée par cette scène. Elle se débrouille pour retrouver la trace du vieillard et entrer en contact avec lui. L'homme est traducteur de russe et vit seul sur une petite île. Une relation amoureuse se noue entre le vieil homme et la jeune femme. C'est une relation forte emplie de violence et de désirs honteux. En effet, le traducteur, sous ses apparences timides, se livre en fait, dans le secret de l'alcôve, à des jeux sado-masochistes dans lesquels il entraîne l'adolescente. Celle-ci, loin d'être effrayée, découvre dans ses pratiques érotiques un plaisir insoupçonné.
Ça y est, vous allez dire : Paddy lit des livres X et est un vrai mouton pervers ! Vous auriez tort de vous arrêter à cette première apparence. Le roman de Yoko Ogawa est d'une grande délicatesse, soutenu par une écriture fine et précise. La romancière parvient bien à construire une atmosphère de malaise à laquelle le lecteur se laisse prendre. La narration à la première personne est construite à travers le regard de la jeune Mari. Impossible de se forger un jugement univoque sur le vieux traducteur : le regard amoureux de l'adolescente laisse paraître son admiration et son profond respect pour lui, alors que, dans un même temps, la perversité de ses actes et la crudité des scènes de description en font un personnage effrayant. Ce qui est le plus troublant, c'est le plaisir que ressent la jeune Mari, à tel point qu'en fin de compte, le personnage le plus ambivalent et le plus insaisissable s'avère être la jeune fille.

Hôtel Iris
Yôko Ogawa
Actes Sud, collection "Babel"
2002
Traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle

Le monde flottant

Il n'y a pas que des Bouddhas au Musée Guimet. Il y a également une petite collection d'estampes japonaises, notamment des grands maîtres - Hokusai, Hiroshige, Utamaro. A vrai dire, c'est ce que j'ai préféré dans ce musée. J'ai été émerveillé par la délicatesse et la sérénité des personnages et des paysages peints.

L'art de l'estampe est désigné en japonais par le terme ukiyo, qui signifie joliment "monde flottant". Cet art est né à l'époque Edo (1605-1868). Il était à l'origine associé au monde des divertissements, des geishas et du théâtre de kakubi. Les Japonais, avec les Chinois, sont parmi ceux qui ont inventé la xylogravure, et donc la reproduction en série. Les Japonais achetaient alors des estampes un peu comme aujourd'hui on achète des cartes postales, pour garder un souvenir de voyage. Originellement, le terme vient du bouddhisme et désigne la douleur et le caractère illusoire et évanescent de l'existence. Par glissement de sens, il s'est mis à renvoyer aux plaisirs, aux jeux légers et plus largement à la fugacité du monde.


Au XVIIe siècle, l'artiste le plus connu est Hishikawa Moronobu. C'est lui qui a introduit l'art de la perspective, venu d'occident. Les estampes à caractère érotique, désignées sous le terme de "shunga" (images de printemps) étaient également populaires. Plus tard, avec Hokusaï en particulier, le sujet de prédilection sera le paysage. D'abord imprimées en noir et blanc, puis colorées à la main, les estampes ont évolué au fil des années avec les progrès techniques de l'impression.
Avec l'ouverture du Japon sur l'occident au XIXe siècle, la mode du japonisme est arrivée en France. Les estampes ont séduit plusieurs artistes comme Pissaro, Van Gogh, ou encore Clémenceau, Zola. Monet s'est ainsi mis à collectionner les estampes : à la fin de sa vie, il en avait 231. Dans sa maison de Giverny, on en trouve quasiment dans toutes les pièces (56 gravures, rien que dans la salle à manger !). L'estampe japonaise a fasciné les impressionnistes.


Van Gogh lui-même s'est amusé à reproduire une estampe d'Hiroshige, intitulée "Ohashi, averse soudaine à Atake", tout en gardant son style bien particulier. Voici les deux oeuvres reproduites ci-dessous. Pour un brillant commentaire comparé des deux vues, on pourra se reporter à ce site d'une guide de Giverny.
























Quelle version préférez-vous ?









mardi 11 mars 2008

Zazen et kami

Geisha Line est un petit peu stressée en ce moment. Elle a beaucoup de boulot, d'autant plus qu'elle essaie de prendre de l'avance pour boucler le maximum de projets avant de s'envoler pour le Japon. Pour l'aider à garder son calme malgré la multitude de problèmes à gérer au bureau, je lui ai donné un petit cours de philosophie zen. Pour cela, je l'ai chopée au saut du lit alors qu'elle était encore en pyjama (pyjama-chat et chaussettes-vaches... so sexy !) et je lui ai montré comment prendre la posture de la méditation assise (zazen) : jambes croisées en lotus, colonne vertébrale bien droite, paumes des mains vers le haut, respiration régulière. Hélas, alors que j'étais moi-même en zazen, presque sur le point d'atteindre la Non-Pensée, vacuité de l'esprit au-delà de toute pensée, et de découvrir la quintessence de l'être... j'ai soudain été violemment attaqué par une féline furie qui m'a ramené à la dure réalité de la condition de mouton d'appartement. Observez combien les crocs du ninja sont éminemment pointus et tranchants :Bref, pour la méditation zen, c'était raté ! Pourtant, samedi dernier j'avais pris une bonne dose de spiritualité. En effet, je suis allé au musée Guimet, à Paris, tout près du Trocadéro. C'est un chouette musée. Profitez-en pour y faire un saut : l'entrée est gratuite jusqu'au 30 juin ! Le musée a été entièrement refait il y a quelques années et regroupe l'une des collections les plus importantes d'art asiatique en Europe. Je vous dis pas le nombre de bouddhas que j'ai vus ! Après deux heures de visite, je me sentais tout proche de la plénitude totale du Nirvanâ.
Une partie du deuxième étage du musée est consacrée au Japon. On n'y trouve pas autant de bouddhas que dans les autres salles. Il faut dire que la religion la plus répandue au Japon n'est pas d'abord le bouddhisme, mais le shintoïsme. Bon, en fait, c'est un peu plus complexe, car d'après ce que j'ai lu, les Japonais n'ont pas d'état d'âme à pratiquer plusieurs religions au cours de leur vie. Un dicton dit d'ailleurs : "Le Japonais nait Shinto, raisonne Confucianiste ou Zen, et meurt Bouddhiste". Quoi qu'il en soit, le shintoïsme est la religion la plus ancienne au Japon. Le bouddhisme n'a été importé qu'au VIe siècle, via l'Inde et la Chine.
Le shintoïsme est une sorte d'animisme polythéiste. Il est fondé sur le caractère sacré de la nature au milieu duquel l'homme n'est qu'un élément du grand tout. (Mais apparemment, on ne dit rien sur le place du Mouton dans le Grand-Tout, dommage !). Pour le shintoïsme, il y a des divinités partout : un cours d'eau ou une simple pierre sont des manifestations divines, tout comme peuvent l'être des héros nationaux. Ces divinités sont appelées kami. Les kami sont les forces naturelles - le Soleil, la Lune - et, plus largement, tout ce qui paraît mystérieux et fait peur - les montagnes, les mers, les vents... Il paraît que certains kami sont malveillants : ce sont des esprits vengeurs qui peuvent apporter le malheur et la mort.
Hum, hum... et si Mina le ninja était finalement un kami ? Méfiance...



samedi 8 mars 2008

Scatologies

La vidéo est archi connue sur le net, mais c'est toujours aussi rigolo. Voici Shimajiro, le petit héros d'un dessin animé pédagogique réalisé pour apprendre aux petits à utiliser les toilettes. Observez le réalisme du petit caca marron qui part faire un grand voyage dans l'eau des WC...



Maître Moun aimerait bien que le même genre de vidéo existe pour les chats. Si le ninja sait parfaitement utiliser sa litière, elle a tendance à jouer les grandes dames et à ne pas vouloir enterrer son œuvre (le fameux kakaquipu qui parfume toute la maison). Parfois Maître Moun se transforme en Papa chat et explique à la bête le concept de l'enterrement de crottes dans la litière, mais rien n'y fait !

PS : Non, vous n'aurez pas de vidéo de Maître Moun apprenant au ninja à gratter la litière avec la patte !

Bientôt les sakura

L'Agence japonaise de météorologie a édité il y a peu la carte de floraison des cerisiers - les fameux sakura, quasi emblème du Japon. Chaque année, la météo prévoit au jour près sur tout l'archipel l'avancée de la floraison des cerisiers - le sakura zensen, front des fleurs de cerisiers. Les premières fleurs arrivent fin mars dans le sud, à Okinawa, puis remontent peu à peu jusqu'à arriver un mois plus tard dans l'Okkaido, faisant s'envoler sur leur passage une pluie de pétales (Sakura fubuki). Si on en croit la carte du site de la Japan Meteorological Agency, nous devrions atterrir sur le sol japonais juste pour la floraison (mais c'était prévu !) :
La floraison des sakura marque au Japon l'arrivée du printemps et, avec lui, la rentrée scolaire pour les enfants et le début de l'année fiscale pour les hommes d'affaires. Dès l'époque médiévale, c'était l'occasion de fêtes rituelles nommées hanami (signifiant littéralement "contempler les fleurs") qui marquaient le début de la saison de plantation du riz. L'élite impériale, puis les samouraï et les gens du peuple, se réunissaient sous les arbres en fleurs et mangeaient copieusement en buvant du saké. Aujourd'hui encore c'est l'occasion de pique-niquer en famille et entre amis dans les jardins fleuris. C'est une grande période touristique.

Naïvement, j'imaginais que s'il y avait tant de cerisiers au Japon les Japonais devaient se retrouver, au début de l'été, envahis sous les cerises. En fait, il ne s'agit pas de la même espèce que celle des cerisiers que nous avons en Europe. Le cerisier japonais le plus répandu est le Prunus serrulata, qui est un arbre d'ornement ne donnant pas de fruit comestible. Désolé, Maître Moun, tu ne pourras pas de régaler !

Le sakura est une fleur éphémère qui ne vit qu'une semaine à peine. L'arbre en fleur symbolise donc la beauté éphémère, à l'image de la vie humaine aussi belle et brève qu'une fleur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le sakura était devenu un symbole motivant les soldats : les aviateurs de l'armée nippone dessinaient des fleurs de cerisiers sur leur avion avant de partir en mission suicide ! Le gouvernement incitait à répandre la croyance selon laquelle l'âme des soldats morts au combat se réincarnait en fleurs de cerisiers.

Mais soyons moins guerrier et préférons la poésie. Dans les haïkus, on parle bien entendu beaucoup de fleurs. Curieusement, dans mon anthologie de haïkus de poètes classiques, il est surtout question de prunier :
Au clair de lune
le prunier blanc redevient
un arbre d'hiver
(Busson)

Sans doute parce qu'il y a plusieurs siècles c'était la fleur d'ume (prune) qui était admirée.

J'allais aux cerisiers en fleur
je dormis sous eux
tel fut mon loisir
(Busson)

J'attends de voir d'authentiques cerisiers fleuris pour les mettre en photo sur ce site. En attendant, pour ponctuer cette note fleurie, je me contenterai de vous offrir des fleurs françaises. Voici des magnolias en fleurs, surpris depuis la grille du ministère des Affaires étrangères, lors de ma promenade dominicale de la semaine dernière. Ils sont un peu en avance cette année, non ?
  • Plus d'infos sur les sakura, ici.
  • De jolies photos de cerisiers en fleurs à Kyoto, .


mardi 4 mars 2008

Sayonara Marlon !

En zappant effrontément devant mon petit écran, je suis tombé l'autre soir sur un vieux film des années 1950 dont l'histoire se passait au Japon : Sayonara, film américain de Joshua Logan, sorti en 1957 et ayant obtenu tout de même quatre Oscars à Hollywood. Maître Moun a tout de suite vu que ce n'était pas un film pour lui, car il n'y avait ni Samouraï, ni méchant armé jusqu'aux dents et qu'on n'y parlait que d'amour. Geisha Line, en revanche, a regardé jusqu'à la fin, parce que l'acteur principal était Marlon Brando... et Marlon Brando, ah ! comment dire... Marlon ! (soupir).... si vous n'êtes qu'un homme (ou pire, qu'un mouton, comme moi), vous ne pouvez pas comprendre...

Le scénario de Sayonara ne casse pas trois pattes à un mouton : c'est un Roméo et Juliette à la nippo-américaine. En 1951, le major Lloyd Gruver (alias le beau Marlon) vient au Japon, à Kobê, pour se reposer des combats qui font rage en Corée. A cette époque, le Japon, grand perdant de la Seconde Guerre mondiale, est encore occupé par l'armée américaine (et subira la présence de cet ancien ennemi pendant sept ans). L'officier américain doit se marier à la fille de son général. Mais finalement il tombe sous les charmes d'une jeune danseuse japonaise, Hana-Ogi. Seulement voilà, le mariage entre Américain et "indigène" (le mot est prononcé par l'un des personnages) est très mal vu, comme si une telle union était forcément contre-nature.

On trouve dans ce film tous les poncifs de ce genre de romance avec l'universelle lutte de l'amour-passion contre le devoir envers la nation. Mais la façon de filmer a bien vieilli et le jeu des acteurs paraît souvent figé et les situations artificielles et attendues.

Cependant, Sayonara offre un vrai témoignage sur le Japon de l'après-guerre vu à travers le regard de l'impérialisme américain. Le film est une succession de belles images sur les traditions nippones : le théâtre de marionnettes et les ballets traditionnels, le saké, les femmes en kimono, les pièces au sol recouvert de tatami... On se croirait dans une brochure touristique sur le Japon. Même si l'histoire finit par mettre en échec les préjugés raciaux (ou du moins à suggérer qu'on peut lutter contre eux), le film, clairement présenté à partir du regard américain, observe le Japon avec la curiosité du colonisateur. Le pays apparaît comme empêtré dans ses traditions étranges et ignorant de la modernité. Certes, le Japon était encore peu ouvert sur l'extérieur et j'imagine que peu d'occidentaux le connaissaient vraiment, mais cette vision étroite est révélatrice de l'hégémonisme américain.
Enfin bon, il y a le beau Marlon qui sauve tout, n'est-ce pas !

lundi 3 mars 2008

Un peu de poésie dans ce monde de brutes

Aujourd'hui, ce n'est pas ravioli, c'est poésie (oui, élevons un petit peu le niveau de ce blog).

Il y a un type de poésie japonaise que j'apprécie tout particulièrement et que j'aimerais vous faire mieux connaître : c'est le haïku.

Faire un haïku, c'est un peu comme prendre une photographie et immobiliser dans une image un instantané du réel - mais sans qu'on n'ait besoin d'appareil photo : au contraire, il suffit de quelques mots. Et quand je dis "quelques", c'est vraiment pas beaucoup : formellement, un haïku se compose seulement de dix-sept syllabes, réparties en trois lignes comportant respectivement 5, 7 et 5 pieds. En termes techniques, disons qu'il s'agit d'un monostique de trois mètres syllabiques, c'est-à-dire d'un poème d'un seul vers (et non pas d'un tercet à proprement parler).

Exemple :
Rien ne dit
dans le chant de la cigale
qu'elle est près de sa fin

Ça ne fait pas 17 syllabes me direz-vous ! Mais c'est qu'il s'agit d'une traduction du japonais. C'est un haïku du maître du genre : Basho Matsuo (1644 - 1695) .

Pour écrire des haïkus, il faut oublier tous les codes de la poésie occidentale :
- pas de rime, et encore moins des alexandrins à la Racine ;
- pas de métaphore : il s'agit de faire revivre l'instant présent ou le souvenir nostalgique du passé à travers son évocation directe, et non par le détour d'images décalées. En revanche, la comparaison et l'analogie sont autorisées ;
- pas de narcissisme ni de lyrisme exacerbé centré sur le Moi, comme chez les Romantiques : le haïku est avant tout une évocation de la nature, et en particulier des marques des saisons. Il s'agit de chanter un instant de la nature et de porter l'attention sur un aspect météorologique. Pour cette raison, les haïkus sont souvent classés par saison dans les anthologies. L'évocation de la nature peut être une façon de présenter, par ricochet, ses propres émotions - nostalgie, tristesse ou gaieté... - ressenties à l'occasion d'une balade par exemple.

Plus ouvertement, le haïku est l'occasion de partager toutes les petites choses du quotidien, quand bien même celles-ci seraient tout à fait banales : les petits soucis ou les petites joies de tous les jours. Le haïku, c'est l'art de la simplicité - ou du moins de l'apparence de simplicité.

Exemple :
Dans l'eau que je puise
scintille le début
du printemps
(Ringaï)

Il ne faut pas chercher de sens caché dans les haïkus. Ce ne sont pas des aphorismes énigmatiques et ils ne sont pas censés contenir une vérité mystique, quoi qu'en dise Roger Munier dans un vieux bouquin trouvé à la bibliothèque de Paddyville (Haïku, préface d'Yves Bonnefoy, Fayard, 1978). Au contraire, les auteurs de haïkus ne se prennent pas trop au sérieux :
Pas plus tôt rasé
mon crâne qu'une volée de mouches
vient y trottiner
(Issa)

C'est le cas en particulier pour les senryû qui sont des poèmes satiriques et moqueurs dont la règle première est l'humour. Dans un senryû, on use et abuse de l'espièglerie et de l'effronterie pour se moquer en toute impunité (et en seulement 17 syllabes) de quelqu'un dont on ridiculise les travers.

Exemple :
La femme étant sagace
impossible de lui vendre les feuilles d'automne
(Anonyme, XVIIIe siècle)
Dans le senryu, les 17 syllabes peuvent être inégalement réparties.

Bref, écrire des haïkus, c'est quand même pas compliqué. Du coup, je me suis transformé en haïkeur fou et je me suis mis à tranformer chaque événement de ma vie trépidente de mouton d'appartement en mini-poème.

Par exemple, un haïku en forme de bulletin météo pour parler du temps pourri qu'il y avait ce matin :
Ciel gris sans nuage
immense horizon sans fin
au cœur de l'hiver

Un autre haïku de 17 syllabes pour dire comment a dû finir le bouquet ramené par Maître Moun, une semaine après son arrivée dans la maison :
Tulipes fanées
Les pétales sont tombées
Jetons le bouquet

Et puis aussi un haïku pour immortaliser ce grand moment d'émotion lorsque le ninja tigré a eu l'idée l'autre soir de faire l'ascension du lampadaire halogène :
Le chat a sauté
sur la lampe halogène
pouf et patatrac

Ou encore, un petit haïku vécu dans ma chair de mouton après une rencontre inopinée avec le fameux ninja :
"Brout", dit le mouton
"Miam", dit le chat le voyant
"Brrr", répond l'ovin

C'est à vous maintenant. J'attends vos haïkus, amis poètes !


Pour creuser la question :...et pour se la péter en société, une jolie phrase d'Yves Bonnefoy sur la philosophie du haïku :
"Le haïku n'a pas d'ombres portées, les choses y étincellent, les nocturnes comme les diurnes, à la façon dont le trait, dans un lavis de l'époque, traverse le contour même qu'il trace, ressort de l'autre côté de la forme, dans le vide, en fait jaillir dans l'image une lumière sans source qui y consume le lieu, même si celui-ci a paru, comme chez Bashô avec sa qualité d'absolu." (Haïku, op. cit., page XXXV)