mercredi 30 avril 2008

Puchi Puchi

J'ai percé à jour un grand mystère en surfant tout à l'heure sur le net. Tenez-vous bien, j'ai découvert à quoi servait ceci :
Nous avions croisé plusieurs fois cet objet dans les rayons des magasins japonais. Je me rappelle notamment en avoir vu un étalage entier à l'étage "Gadgets" du grand supermaché Isetan, à Shinjuku. Naïvement, j'avais demandé à Atsuko, la correspondante de Geisha Line : "c'est quoi, ça ?" Partant d'un éclat de rire, avec sa copine, elles s'étaient exclamées : "ah, c'est trop dur à expliquer en français !" Le mystère restait donc entier pour moi...
Mais maintenant, je sais. Voici le fameux objet en action, tel qu'il est présenté sur le site qui le commercialise :

Alors, vous avez deviné ce que c'était ? Il s'agit d'un petit gadget, aussi futile que le Tamagochi, petit animal virtuel ayant fait fureur en son temps, qui a pour vertu d'imiter le perçage des bulles d'air des emballages en plastique. Vous appuyez sur les touches, et c'est comme si vous claquiez obsessionnellement les ronds du papier-bulle : même bruit, même sensation. La seule différence, c'est que vous pouvez percer les fausses bulles à l'infini ("mugen") : cela fera toujours le même "puchi puchi", avec une petite suprise au bout du centième pincement, puisqu'on entend en prime un bruit inattendu, comme un cri de femme ou un aboiement.

Le plus fou, ce n'est pas que cet objet complètement inutile existe, c'est d'imaginer que des ingénieurs sûrement très sérieux (peut-être étaient-ils habillés d'un costume noir et d'une chemise blanche, comme tous les salarymen qu'on a croisés dans le métro) se sont réunis autour d'une table et se sont dit : "et si on fabriquait un boitier imitant les bulles du papier d'emballage ?" J'ai lu sur ce site que ce jouet existait en fait depuis la fin des années 1960, mais qu'il connaissait un regain d'intérêt depuis l'automne 2007.

Il paraît que le Puchi Puchi qui remporte un franc succès au Japon est en train d'être commercialisé en France. Je ne sais pas s'il est déjà arrivé, mais en attendant le commander près de 12 € sur ce site, ça me paraît un peu cher quand même ! Dommage que je ne sois plus au Japon, j'en aurais acheté une petite cargaison, histoire d'en offrir à certaines personnes trop stressées !

mardi 29 avril 2008

Du grillé comme il vous plaira

Voici le premier post culinaire d'une série qui s'annonce longue. Enfin, on imagine qu'elle risque d'être longue, étant donné qu'en trois semaines au Japon on s'est amusé à prendre en photos tous les repas qu'on a faits ! Du coup, on devrait pouvoir vous montrer un peu ce qu'on a mangé !

Alors, aujourd'hui, c'est okonomiyaki !
Maître Moun connaissait déjà ce plat, pour s'en être régalé à plusieurs reprises dans un restaurant de la rue Sainte-Anne ("Aki", 11 bis rue Sainte-Anne pour les amateurs parisiens). En fait, si, comme Geisha Line, vous étiez une petite fille (ou une grande fille attardée) à la fin des années 1980, vous connaissez également ce plat sans le savoir. Il s'agit des fameuses omelettes/pizzas que prépare le papa de Lucile, la gamine du dessin animé pour midinettes connu en France sous le nom de Lucile, amour et rock'n roll (Aishite night en japonais). Mais si, rappelez-vous : il y avait une fillette à queue de cheval amoureuse d'un rockeur échevelé, chantant des chansons d'amour déjà ringardes pour l'époque, sous l'oeil réprobateur d'un père restaurateur. Hé bien, en fait, le manga se passait à Osaka, et le personnage du père tenait un restaurant d'okonomiyaki. Dans le dessin animé, il y avait un gros matou orange, du nom de Roméo, qui raffolait de ces petites crêpes... une version féline presque aussi gourmande que notre Ninja fait maison :

Bref, il s'agissait donc de ce plat typique de la région d'Osaka qui s'appelle okonomiyaki. C'est une sorte de pot pourri de l'omelette : on y met tout ce qui nous plaît (okonomi) et on fait griller (yaki).
La variété des ingrédients est quasi infinie : du porc pour les carnivores, du poulpe ou des calmars si on veut une version fruits de mer, ou encore des crevettes pour plaire à Geisha Line. La base de la crêpe est, entre autres, un mélange de farine, de poudre de poissons séchés, de bonite. Il paraît qu'on trouve des préparations toutes faites dans le commerce, mais on n'a pas (encore) essayé. On mélange tout cela au chou chinois coupé en lamelles et on dépose tous les ingrédients sur une plaque chauffante (teppan). On ajoute la sauce "okonomi", à base de vinaigre de saké, de miel et de purée de légumes (selon Wikipédia), et on met la touche finale en saupoudrant de katsuoboshi (flocons de bonite séché, si légers qu'ils se mettent à danser avec la chaleur qui se dégage de la crêpe).

Dit comme ça, ça paraît tout simple. Ça l'était d'ailleurs, la première fois qu'on en a dégusté, à Tokyo, à Harajuku, avec notre ami Hiro. Un serveur est venu faire en direct le plat devant nous et on a pu regarder les petites crevettes griller, tandis que nous salivions au fur et à mesure que la cuisson avançait.
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Sauf que la deuxième fois qu'on a tenté l'okonomiyaki, cela a été à nous de nous y coller ! Un peu par hasard, on est en effet tombé sur un restaurant à la mode au concept "fais toi-même ton plat". La serveuse nous a apporté des bols avec les ingrédients, a chauffé la plaque électrique et nous a abandonnés avec tout ça (en riant sous cape à mon avis) !
On a eu quelques instants de vague angoisse : on fait quoi avec quoi et on met où ?

Finalement on s'est ressaisi et on fait la chose la plus sage qui soit : on a copié sur nos voisines de tables ! Comme elles ont vu qu'on les regardait effrontément, elles nous ont même montré le coup de main à prendre avec la spatule.
Au final, ça ressemblait bien à un vrai okonomiyaki, vous ne trouvez pas ?

A Hiroshima, on ajoute à l'okonomiyaki des nouilles (udon ou soba), histoire que ça tienne bien au corps. Bien qu'il y ait dans cette ville un grand immeuble entièrement consacré aux restaurants d'okonomiyaki, on n'a pas essayé (un restaurant à sushis nous avait fait de l'œil ce soir-là). En revanche, Geisha Line a testé une version tokoïte de cette pizza : monjayaki, réputé plus légère et plus liquide.

Alors, Maître Moun, quand est-ce que tu te mets aux fourneaux pour essayer de ramener un peu de Japon dans la cuisine ?

  • Pour la vraie recette, voir ce site.

  • Pour les sources des images du dessin animé de Lucile : ce blog qui donne aussi la recette des okonomiyaki. Et pour revoir tous les épisodes de Lucile, amour et rock'n roll, cliquez sur ce lien.

  • A Paris, j'ai lu qu'il y avait un autre bon (et cher) restaurant d'okonomiyaki : Azabu, 3 rue André-Mazet, dans le 6e. Vous avez déjà essayé ?

Il pleut, il mouille, c'est la fête au parapluie

Ce matin, il pleuvait. Une jolie petite averse de printemps. Geisha Line s'est écriée "Chouette !" et elle est sortie de la maison avec son tout nouveau parapluie, acheté à Tokyo dans un "100 yens shop" (c'est-à-dire une boutique où tout se vend à 100 yens, soit environ 60 centimes). Elle a fait la fière en se pavanant dans les rues de Paddyville avec son grand parapluie en plastique transparent. Au Japon, son parapluie se serait noyé (c'est le cas de le dire) dans la masse. Mais en France, il a eu son petit effet et un des collègues de Geisha Line a même voulu le lui piquer !
Il faut bien profiter maintenant du parapluie nippon car, vu le prix auquel il a été acheté, il ne devrait pas survivre au premier coup de vent.

A Kyoto, avec le parapluie transparent

Si en France les parapluies transparents sont peu nombreux et plutôt réservés aux petites filles voulant jouer aux grandes dames, au Japon on en rencontre à tous les coins de rue, les jours de pluie. On pourrait presque dire que le Japon est le pays des parapluies - et quand on pense que l'été est la saison des pluies, on comprend mieux pourquoi les Japonais ont tant l'habitude de vivre avec leur parapluie. Maître Moun faisait exotique avec son petit parapluie noir pliable. Là-bas, la plupart des parapluies sont sur pied et personne n'a l'air de trouver cela embarrassant lorsque la pluie a cessé de tomber. Quand on entre dans un magasin, il suffit de glisser son parapluie dans une pochette en plastique mise à disposition des clients pour ne pas mouiller le sol, ou bien de le faire patienter dans la consigne automatique prévue à cet effet. Et pour faire un petit pipi, il suffit d'accrocher son parapluie aux crochets adéquats qui ne manquent pas dans les toilettes publiques. On a même croisé certains cyclistes qui avaient un système pour accrocher leur parapluie ouvert à leur vélo, afin de ne pas recevoir une seule goutte d'eau ! Pratique, non ?

Valse des parapluies...
A Tokyo, station de métro Harajuku

A Tokyo, quartier de Shinjuku

A Kyoto

lundi 28 avril 2008

Des gares, des trains, et des sons

Certaines personnes, restées en France, nous demandent : "Et pour les transports, vous avez fait comment au Japon ? Vous avez loué une voiture ?" Ah Grands Dieux, non ! On a pris le train ! Préférer la voiture au train nous aurait fait passer à côté de bien des aspects du Japon.

A la base, mes maîtres aiment les voyages en train. Il y a certainement dans l'attrait de Maître Moun pour le voyage ferroviaire une petite nostalgie de l'enfance et des circuits circulaires de trains électriques miniatures. Quant à Geisha Line, depuis qu'elle avait lu le roman policier de Seicho Matsumoto, Tokyo Express, dont l'enquête est entièrement articulée autour des horaires de trains, elle ne se voyait pas aller au Japon sans prendre le plus de trains possibles !
Maître Moun et Geisha Line n'ont pas été déçus de leur expérience ferroviaire. On dit que les trains japonais ne sont jamais en retard. Je ne sais pas si c'est exact, mais à vrai dire la fréquence des transports sur chaque ligne est telle qu'un voyageur ne peut ressentir les mauvaises conséquences d'un retard. Il nous suffisait de nous présenter au guichet de la gare et nous étions sûrs d'avoir un train partant dans l'heure suivante. Rien à voir avec la SNCF où il faut réserver des jours à l'avance ! En tant qu'étrangers, nous bénéficions en outre du JR-Pass qui nous a permis de voyager à moindres frais et de pouvoir prendre à l'envi le shinkansen, train à grande vitesse, sans débourser un sou (outre le forfait payé depuis la France, bien sûr !).

Ainsi, nous avons pris toutes sortes de trains. Maître Moun voulait tous les photographier, pour sa collection de trains. Certains conducteurs ont posé fièrement devant leur locomotive, sous l'œil enthousiaste du petit Français :
On aurait presque pu dire que Maître Moun s'est révélé être un vrai densha otaku (= fan de train)... mais tout de même pas autant que certains blogueurs !

Il est vrai que le Japon est "l'empire du rail". Chaque train est différent et pas un seul ne se ressemble. Impossible de les prendre tous en photos, même si certains irréductibles s'y sont essayés. Nous avons pris des petits trains, blancs et rouges, à la vision panoramique, comme celui de la Dentetsju Line, nous amenant à Yudanaka :
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Non, Maître Moun n'en était pas le conducteur, mais celui-ci se trouvait au-dessus des passagers, laissant toute l'avant du train aux passagers chanceux.

Nous avons également admiré le paysage dans de petits trains aux wagons joliment décorés, comme le train qui nous a menés dans la petite gare de Bessho :
Bien sûr, nous avons essayé plusieurs beaux shinkansen :
Les Français sont persuadés qu'ils ont les meilleurs TGV du monde. Quand on va au Japon, on comprend que cette opinion est un effet de l'orgueil tricolore ! Les TGV nippons n'ont pas grand chose à envier aux trains à grande vitesse français. Ils sont trois fois plus confortables, permettant au passager d'avoir tout l'espace nécessaire pour déplier ses pieds :
Le comble du confort consiste même à avoir conçu un système automatisé permettant aux sièges des wagons de se retourner à chaque fois que le train change de sens : les voyageurs sont ainsi toujours assis dans le sens de la marche !

Toutefois, il est vrai qu'il y a beaucoup de vibrations dans le shinkansen. Les pages toutes raturées de Geisha Line qui essayait en vain de rattraper le retard de son carnet de voyage en écrivant dans le train en témoignent !

Avant de partir, on avait quelques appréhensions : arriverions-nous à nous repérer dans les gares japonaises ? En fait, les déplacements en train nous ont paru extrêmement simples. Certes, le fait qu'on soit Parisiens et habitués à l'imbroglio des métros des grandes villes nous a aidés. Mais par ailleurs tout est fait au Japon pour guider presque à l'extrême le passager. Tout d'abord - et heureusement pour nous - tout est traduit en alphabet romain. Il est vrai pourtant que dans les toutes petites gares, il faut parfois chercher l'unique endroit où le nom de la station est inscrit en lettres de notre alphabet. Il nous est ainsi arrivé de tomber sur des écriteaux comme celui-ci :

Mais si on n'arrivait pas à lire les noms, il y avait toujours une voix dans un haut-parleur indiquant le nom de la prochaine station. Au Japon, le guidage est avant tout sonore. Il y a toujours des tas de voix qui parlent et qui racontent des tas de choses. Dans les grandes villes, comme à Tokyo, les messages sont partiellement traduits en anglais :
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Je dis "partiellement", car en général le message japonais dure deux ou trois fois plus longtemps que sa prétendue traduction en anglais. Enigme des choix de traduction... (ou comment avoir l'impression qu'on ne juge pas nécessaire de dire tout au Gaijin !)

Les indications parlées s'accompagnent généralement de petites musiques. Après quelques jours à Tokyo, nous connaissions par cœur la petite musique entraînante de la JR Line. C'est non sans une certaine nostalgie que je l'ai retrouvée sur ce site... à écouter en boucle si on veut avoir l'impression d'être encore au Japon !

Autant que l'empire des signes, le Japon est l'empire des sons. Impossible de se promener en ville sans entendre des tas de bruits différents. Dans les grandes cités, on a l'impression que les gens ne se parlent pas, tant ils sont absorbés par leurs écrans (de téléphone, de pachinko, de télévision portative...), mais que la ville entière est parsemée de messages en tout genre. Ainsi au Japon, les machines parlent parfois plus que les humains : la machine à délivrer des billets, la baignoire (si si, notre baignoire à Kyoto parlait !), l'appareil à commander son menu dans certains restaurants... Pour nous, étrangers, toutes ces phrases indéchiffrables n'étaient qu'une suite de mots incompréhensibles (il nous aurait fallu la traduction, comme on la trouve sur ce site). Et pour les Japonais, écoutent-ils tous ces messages, ou bien ne font-ils que constituer une couverture sonore envahissant la ville ? Il y aurait de quoi là faire une étude approfondie... ah, mais on dirait que c'est déjà fait !


Perdus en traduction ?

Nous avons revu ce week-end, le film de Sofia Coppola sorti en 2004, Lost in translation, racontant le malaise d'un acteur sur le déclin et d'une jeune femme fraîchement sortie de la vie étudiante, lors de leur séjour à Tokyo.


Lorsque je l'avais vu pour la première fois, à sa sortie en salle, le film m'avait emballé, aussi bien pour le jeu des deux acteurs principaux - Bill Murray, plein d'humour, et Scarlett Johansson, très jolie dans ses moues adolescentes - que pour le portrait envoûtant qui est fait de la ville de Tokyo. Je n'étais jamais allé au Japon à l'époque et je crois que l'image que le film donnait de Tokyo correspondait à l'image que je m'en étais construite par ricochets de clichés : une mégalopole gigantesque avec des immeubles de verre immenses touchant le ciel et un précipice infranchissable entre les cultures.

Revoir Lost in translation une semaine après un premier voyage au Japon change inévitablement le regard porté sur le film. Certaines images me parlent bien plus que la première fois où je les ai vues. Ainsi, Geisha Line ressemblait exactement au personnage de Charlotte lorsqu'elle déambulait, effarée, dans les salles de pachinko. Nous avons également reconnu certains lieux, comme le grand carrefour triangulaire de Shibuya où l'héroïne se perd dans la foule. Je peux dire désormais que j'y suis allé moi aussi et en montrer la preuve en image :

La scène où Bill Murray est dans la salle d'attente de l'hôpital et qu'une vieille dame japonaise s'évertue à lui parler en japonais alors que l'Américain n'y comprend strictement rien m'a bien amusé. Nous aussi, nous avons rencontré de vieilles personnes qui nous faisaient de grandes conversations incompréhensibles, comme cet homme un peu timbré dans un minuscule restaurant de Bessho, dans lequel nous devions être les seuls touristes de l'année, ou cet autre homme, rencontré sur un banc à la sortie du Pavillon d'or à Kyoto et dont nous nous demandons encore aujourd'hui ce qu'il a bien pu nous raconter et pourquoi il nous a donné sa carte de visite.

Toutefois, à côté de toutes ces micro-scènes portant un regard amusé et distancié sur le Japon et le choc culturel ressenti par un Occidental projeté dans une ville où la modernité et les excès en tout genre sont exacerbés, je n'ai pas tout à fait reconnu le Tokyo dans lequel j'ai habité une petite semaine. Les personnages sont si perdus dans leur ennui et leur solitude qu'ils sont incapables de voir vraiment la ville et de s'y mouvoir. Leur hôtel est magnifique (il s'agit de Park Hyatt, un célèbre palace 4 étoiles) et n'a rien à voir avec le petit ryokan bon marché dans lequel nous avons dormi, mais il est un peu comme une prison les retenant confinés dans le confort et les empêchant de partir à la rencontre de la ville. Le film donne une image asphyxiante de Tokyo, ne dévoilant que la face chic et branchée, complètement artificielle, de la capitale.

Bien sûr, c'est cela Tokyo et c'est ce qui nous a plu... Monter au 48e étage d'une des tours jumelles de la mairie de Tokyo (Tokyo metropolitan Government Office) et voir la ville s'étendre à nos pieds. Ou refaire la même expérience de nuit à Osaka, 150 mètres au-dessus du sol, en haut de l'observatoire du Jardin flottant :
Ou bien se balader le soir dans les rues bruyantes et grouillantes et se laisser éblouir par les néons clignotants qui font le jour en pleine nuit. Même en plein jour, comme ici à Akihabara, les rues ne sont que d'immenses panneaux publicitaires :Mais Tokyo n'est pas seulement cette folie vertigineuse. Tokyo, c'est aussi les forêts de cerisiers roses du parc Ueno, sous lesquels on peut pique-niquer...
... ou encore les toutes petites maisons à un étage du quartier de Yanaka. C'est aussi, comme partout dans le Japon, les temples traditionnels comme le Senso-ji à Asakusa. Pas besoin de se rendre jusqu'à Kyoto, comme le fait Charlotte, pour entrevoir la spiritualité zen !

Il n'empêche que Lost in translation reste un beau film sur l'impossible incommunicabilité des cultures et surtout sur l'amitié improbable de deux êtres en quête de leur identité. Mais c'est sûr, on aurait envie de secouer un peu Bob et Charlotte pour qu'ils ouvrent un peu leurs yeux trop embués par l'ennui ! En cela, je suis tout à fait d'accord avec cette critique qui est faite du film sur ce site : le Japon n'est pas réellement le troisième personnage du film et reste un prétexte pour évoquer la difficile communication entre les hommes.


jeudi 24 avril 2008

Karasu

Quand on regarde les premières photos prises à notre arrivée au Japon, on n'y trouve pratiquement que des machines à sous et des corbeaux. A croire que nos premiers regards sur le Japon se sont portés sur des aspects plutôt noirs du pays. Mais c'est vrai que la folie joueuse des Japonais et la noirceur terrifiante des corbeaux sont certainement ce qui nous ont le plus frappé au premier abord.
Les corbeaux, on les a entendus dès notre réveil de la première nuit dans la minuscule chambre du ryokan. C'était des croissements aigus, d'une répétition obsédante. Rien à voir avec le gentil roucoulement de nos pigeons parisiens. Lorsque nous sommes descendus dans la rue, nous avons vu ces charognards s'attaquer aux sacs poubelles, les dévalisant en répandant partout les ordures. Des rues couvertes d'ordures ménagères entassées les unes sur les autres, cela ne correspondait pas du tout à l'image proprette et ordonnée qu'on se faisait du Japon ! Et comme en France on a rarement l'occasion de voir des corbeaux aussi nombreux et aussi gros, la vision de ces oiseaux noirs a donné à notre première promenade dans Tokyo une ambiance assez glauque.

Les corbeaux (karasu en japonais) sont les fléaux des grandes villes du Japon. Si on en croit cet article en 2001 il n'y avait, rien qu'à Tokyo, 36 500 corbeaux. Depuis, malgré les efforts de la municipalité pour éviter leur prolifération, les chiffres n'ont pas dû baisser. Les corbeaux sont attirés par les poubelles et les mettent à sac. Il faut savoir qu'au Japon il n'y a pas de bennes à ordures ni même de grands bacs en plastique pour y consigner les ordures ménagères. A Kyoto, lorsque nous étions dans l'appartement de location, nous avons dû déposer nos sacs poubelles directement sur le trottoir. Les sacs poubelles sont transparents, ce qui facilite la vérification de leur contenu vis-à-vis du tri sélectif... mais ce qui donne également aux corbeaux tout le loisir de repérer les endroits où se trouve la nourriture ! Ces animaux sont réputés intelligents et ont toute facilité pour se concoter de bons petits repas à partir du contenu des poubelles.

Dans la culture occidentale, le corbeau est généralement vu comme un oiseau de mauvais augure, associé à la charogne et à la mort. J'ai cherché à savoir quelle image les Asiatiques avaient de cet animal. Loin de la symbolique négative que nous y trouvons, il semble qu'au Japon le corbeau soit un symbole d'amour familial et est considéré comme un messager divin. En Chine, une légende fait le récit de dix corbeaux s'envolant pour apporter la lumière au monde et considère ainsi le corbeau comme un oiseau solaire (sources : ici et ici).
Je ne pense pas que ces croyances mythologiques soient répandues dans la société moderne. Les Japonais paraissent avoir pour les corbeaux au mieux de l'indifférence, tant ils sont habitués à les sentir voler au-dessus de leur tête.

En tous les cas, après cette rencontre matinale avec les corbeaux tokoïtes, Maître Moun s'est écrié : "ah, mais je comprends pourquoi on voit tant de corbeaux dans les mangas !" Les corbeaux font partie du paysage urbain du Japon.

Crôa, crôa, crôa...


mardi 22 avril 2008

L'enfer des petites billes

Les premiers pas que mes maîtres, fraichement débarqués de leur France natale, ont fait à Tokyo ont été dans le quartier à proximité de leur hôtel, Ikebukuro. Il s'agit d'un quartier plutôt populaire, situé au nord-ouest de la ville. Errant un peu au hasard dans les rues, ils ont été attirés par des salles où les lumières et les bruits étaient bien plus vifs qu'ailleurs : les halls de pachinko. Qui n'est jamais entré dans une de ces salles remplies de bruits et de fureurs ne peut pas seulement imaginer l'ambiance qui y règne. Même après trois semaines au Japon, lorsque mes maîtres sont entrés une dernière fois dans un Pachinko, ils ont été aussi impressionnés qu'au premier jour.

Voici une petite vidéo de l'enfer vécu par Maître Moun qui a fait incursion dans une salle de Pachinko à Osaka pour pouvoir utiliser gracieusement les toilettes... Si vous avez déjà un mal de tête, abstenez-vous d'appuyer sur "lecture" !

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Le pachinko est une sorte de mixte entre la machine à sous et le flipper. C'est un jeu très populaire dans tout le Japon, né après la Seconde Guerre mondiale, à Nagoya. Il y aurait aujourd'hui environ 15 000 salles de pachinko équipées de 2 millions de machines (sources Wikipedia). On a pu en effet constater que même dans les petites villes où nous sommes allés, comme à Yudanaka, dans la montagne, il y avait une salle de pachinko.

La règle du jeu paraît compliquée et on ne s'y ait pas essayé. Mais en fait, ce n'est pas si complexe. Tout se passe avec de petites billes métalliques qu'on achète au départ. Il s'agit de les insérer dans la machine qui est une sorte de tableau vertical. De l'autre main, on propulse la bille à travers un circuit planté de petits clous. Si trois symboles identiques sont obtenus, le joueur gagne d'autres billes et il peut continuer à jouer jusqu'à ce qu'il ait multiplié ses gains de départ... ou bien tout perdu. On peut trouver le récit plus détaillé des règles du jeu ici. Roland Barthes, dans L'Empire des signes, décrit précisément le jeu du pachinko. Il explique que tout se joue à partir de la force avec laquelle le joueur lance ses billes de départ et il compare le hall à "une ruche ou un atelier", comme si les joueurs étaient des travailleurs à la chaîne (page 44). Effectivement, il y a cette effervescence effreinée dans les salles de pachinko :
Les joueurs sont comme hypnotisés devant leur écran, solitaires et murés dans leur monde addictif, sans communiquer avec qui que ce soit. Quand on voit la quantité de petites billes amassées devant les joueurs, on peut imaginer qu'ils restent ainsi accrochés à leur machine pendant des heures. Il y a une folie incroyable, comme si les joueurs étaient possédés par le geste répétitif et le bruit obsédant des billes tombant. Le plus effarant était de voir qu'il y avait devant ces machines des gens de tout âge, principalement des hommes - mais pas seulement, les femmes s'y mettant aussi avec le même entrain. La plupart des joueurs regardaient à peine l'écran, faisant se succéder leurs gestes à une cadence infernale.
Le pachinko est un des tristes aspects du Japon. Que des gens aient trouvé ce moyen pour se détendre, c'est assez inimaginable, d'autant plus que le Japon est en même temps le pays des bains bouillonnants hyper relaxants et des jardins zen et raffinés. En fait, le pachinko est bien plus qu'un loisir. C'est un secteur essentiel de l'économie, presque aussi important en part de marché que celui des restaurants et du tourisme. Officiellement, les jeux d'argent sont interdits au Japon. Les gagnants, à la fin de la partie, échangent leurs billes contre des gains anodins comme du chocolat ou des gadgets. En fait, il y a derrière cette vitrine innocente une économie parallèle, puisqu'il est aisé d'échanger ces lots contre des sommes d'argent. En cela, le pachinko est secrètement lié aux réseaux de mafia des yakusa. Il est certain que le gouvernement ne peut ignorer ces pratiques... mais il semble préférer fermer les yeux.

Heureusement, même si on dit qu'un Japonais sur quatre s'adonnerait au pachinko, on ne peut pas réduire le peuple japonais à cette pratique addictive. Aucun des amis japonais que nous avons rencontré n'y joue et au contraire porte sur ce jeu un regard critique. Nous avons pu par ailleurs remarquer que dans les petites villes les halls de pachinko étaient généralement désaffectés, contrairement à ceux des grandes villes. Peut-être que le niveau de peuplement des salles de pachinko dépend de la santé mentale des habitants et du rythme que leur impose la vie citadine et professionnelle. Ainsi dans une ville comme Kyoto les halls de pachinko nous ont paru bien moins fréquentés.

Mes maîtres ont regardé ce jeu bizarre d'un regard étrange et étranger et n'ont pas voulu s'y coller. Ils ont préféré s'adonner à des jeux plus tranquilles. On trouve ainsi, à côté des machines à billes, des grands bacs de peluches qu'il faut réussir à attraper avec une poignet métallique. Les Français connaissent bien ces machines pour y avoir tous perdus quelques euros dans les fêtes foraines. D'ailleurs, cela n'y a pas manqué : Maître Moun y a dilapidé une pièce de 500 yen en moins d'un quart de minute, essayant en vain d'attraper un petit lapin... Du coup, il a été interdit de rejouer par sa tyrannique femme (tenant le porte-monnaie) ! Dommage, j'aurais bien aimé être copain avec un de ces nombreux lots en peluche !


Souvenirs choisis

Bien sûr, au boulot aujourd'hui, les collègues de Geisha Line et Maître Moun n'avaient qu'une question à la bouche : "alors, c'était comment le Japon ?" Geisha Line a pris un regard rêveur et a murmuré sobrement : "ben, c'était bien !" Pas facile de résumer plus de trois semaines d'images et de sensations, plus de 20 jours de dépaysements et de surprises à ceux qui ne l'ont pas vécu et, qui plus est, ont dû gérer en votre absence toute une série de problèmes et d'urgences que vous étiez à mille lieux d'imaginer. Le plus étrange, c'est d'avoir à retrouver le monde comme on l'avait quitté, alors qu'en trois semaines on a vu tant de choses qu'on n'est plus exactement le même. Le plus triste, c'est de voir insensiblement que tout ce qu'on a vécu lors de ces vacances à l'autre bout du monde est en train de se transformer en souvenir et qu'il est impossible d'empêcher cette nécessaire métamorphose du réel en passé nostalgique.

Heureusement, il reste comme traces intangibles de ce voyage toutes les photos prises par Maître Moun. On vous les avait promises, donc on va vous les montrer ! Il nous faut juste un peu de temps pour gérer les 4 giga-octets de photos numériques et les quelques 1 500 clichés pris et pour faire un tri nécessaire. On ne compte pas les photos argentiques en noir et blanc que peut-être Maître Moun développera un jour s'il a le courage de s'enfermer dans la chambre noire...

Il reste aussi de ce voyage les notes écrites par Geisha Line. Notes éparses et désordonnées à compiler et à mettre au propre. Je n'ai pas trop le courage de recopier ici le carnet de voyage de ma maîtresse. De toute façon, l'ensemble étant essentiellement purement factuel, simple aide-mémoire pour se rappeler le nom des monuments visités, je doute que vous y trouviez un réel intérêt. Je préfère parler ici du voyage de façon thématique plutôt que chronologique et y consigner quelques souvenirs choisis. Bien sûr, vous n'aurez pas le privilège sur votre écran d'ordinateur de regarder les fleurs séchées et les tickets de train que Geisha Line a collés dans son carnet, comme une bonne petite écolière. Mais vous aurez à la place des photos et des vidéos, ce n'est pas mal aussi.

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur notre voyage au Japon que la laconique réponse par le mot "bien", revenez donc ici à l'occasion ! On va vous raconter tout ça, dès qu'on aura complètement atterri en France et fini d'avaler les heures de décalage horaire !




lundi 21 avril 2008

Come back

Voilà, nous sommes rentrés ! Adieu le Japon et ses fleurs de cerisiers volantes... Adieu les souriantes Japonaises nous accueillant à coups de "maché maché"... Le Japon va nous manquer, ça s'est sûr. D'ailleurs, la preuve, c'est qu'on n'a pas pu s'empêcher de boire un thé vert aux fleurs de sakura cet après-midi, dans la belle théière et les tasses que nous avons achetées là-bas. Nous qui pensions que nous ne pourrions plus avaler une goutte de thé vert pendant au moins un mois tant on en avait bu des litres et des litres là-bas !

Le retour fut bien long. On se serait bien passé du transfert par Rome, d'autant plus que l'avion venant d'Osaka a quasiment survolé la France avant de redescendre vers l'Italie : si on avait pris un vol direct, on aurait au moins gagné trois heures de temps transport. Voire plus : les Italiens nous ont fait une petite surprise lors de la petite heure de transit dans la capitale italienne. Ils ont en effet trouvé le moyen d'égarer nos sacs ! Mais on a eu de la chance dans notre malheur : après une longue attente devant un des tapis roulants à valises de Roissy, nous avons pu récupérer deux de nos trois bagages et nous avons fait un dossier de réclamation auprès du service de l'aéroport qui s'occupe des bagages perdus. Nous avons dû décrire notre bagage, un peu particulier : deux chaises japonaises en bois, sans pieds, enveloppées dans du papier kraft. Hé oui, l'envie subite nous a pris de vouloir prolonger l'ambiance ryokan à Paris et de ramener ces drôles de chaises avec lesquelles on peut s'asseoir par terre, tout en appuyant son dos sur un dossier, comme celles qu'on avait dans le super ryokan de Bessho Onsen :
Les Italiens ont donc trouvé le moyen de se tromper quelque part et nous n'avons pu revenir hier soir à la maison avec nos nouvelles chaises. Nous n'étions pas les seuls à ne pas retrouver certains de nos bagages et à l'aéroport nous avons pu nous rappeler combien les Français savent s'énerver rapidement et manifester leur hargne vigoureusement ! Le type qui a enregistré notre réclamation s'est montré très pragmatique et a expliqué en guise d'excuse que l'affaire était monnaie courante avec l'aéroport de Rome. Sûr que si cela s'était passé au Japon, nous aurions eu une demie-douzaine d'employés en état d'alerte qui se seraient excusés à n'en plus finir en se courbant dans un angle à 90° !
Mais l'histoire a une fin heureuse. Nos chaises nous ont été livrées ce matin par un des services de Roissy. Nous avons pu déjà les essayer !

Nous avons ramené quantité de souvenirs et autres nipponeries. On a même dû acheter une valise supplémentaire pour pouvoir tout ramener ! Mais on ne peut pas dire que nous nous sommes ruinés. Nous avons assidûment fréquenté les "100 yen shop", magasins où tout est au prix dérisoire de 100 yen, soit moins d'un euro. C'est là que nous avons fait le plein de porcelaine japonaise, bols, tasses, théières et autres baguettes. Geisha Line s'est lâchée sur les Hello Kitty et Maître Moun sur les bonbons. Mes maîtres se sont aussi offerts de beaux yukata (pyjamas kimonos) et une reproduction d'estampe.On n'a pas encore complètement fini de se remettre des 8 heures de décalage horaires, des 15 heures de vols et des 24 heures passées sans dormir. Heureusement que nous ne reprenions pas le travail aujourd'hui. Hélas, tout a une fin : demain, Geisha Line et Maître Moun devront retrouver leur bureau. Moi, je pourrai tranquillement boire quelques tasses de thé à la maison, profitant de l'absence (pour deux jours seulement) du ninja, encore chez ses maîtres adoptifs !







Paddy chez les moines

Ecrit le 15 avril

Konichiwa !

Je vous écris depuis le temple bouddhiste de Koyasan où nous allons passer deux nuits. Les moines offrent un accès libre à Internet, mais ils ont activé la fonction "anti-cookies" qui fait que je ne peux pas me connecter au blog (très au point avec les nouvelles technologies ces moines !). Je posterai ce message sur le site des que je pourrai me connecter d'un autre ordinateur.

Nous sommes arrivés en début d'après-midi au mont Koya. C'est seulement à un peu plus d'une centaine de kilomètres de Kyoto, mais nous avons du prendre pour y arriver un bus, trois trains, un funiculaire et encore un autre bus ! Mais la route vers Koyasan était déjà en elle-même une attraction : la petite ville se trouve à 900 mètres d'altitude, dans un paysage boisé et à cette hauteur les cerisiers ont à peine commencé à fleurir. Koyasan est une ville connue pour être le berceau de l'école bouddhiste Shogun, très populaire au Japon, et rassemble plus de 100 temples.

Les moines de notre temple nous ont accueillis avec efficacité (on voit qu'ils ont l'habitude des touristes, particulièrement étrangers, l'adresse du temple étant dans le guide Lonely Planet). Ils nous ont montré notre chambre et nous ont donné les habitudes de la maison : dîner à 17h30, couvre-feu à 22 h, cérémonie religieuse à 6h30 le lendemain, suivi du petit-déjeuner. Il est 19h30 et nous avons déjà mangé depuis longtemps... nous allons bientôt nous coucher !
Notre chambre est très belle, donnant sur un beau jardin japonais. C'est une des plus belles chambres que nous avons eue jusqu'à présent. Le repas, bien qu'entièrement végétarien (sans viande, mais aussi sans poisson ni oignon ou ail) était très bon, avec du tofu aromatisé, cuisiné de plusieurs façons différentes.
Demain, nous allons essayer de faire une petite randonnée et de visiter quelques temples.

A bientôt !

***

Écrit le 16 avril

Deuxième jour au temple.
Ce matin, à 6h30 précises, un moine est venu nous tirer du lit (pardon, du futon !) pour assister à la prière. Nous avons donc vu quelques moines (très peu, car beaucoup devaient être en train de nous préparer le petit-déjeuner !) réciter des mantra, taper dans un gong et faire fumer de l'encens. C'était très étrange... dommage que la signification de tous ces gestes nous ait échappé, faute d'explication.

video
Cette vidéo ne représente qu'une toute partie de la cérémonie qui a duré une heure. Il y a eu également d'autres gestes et rituels.

Après un petit déjeuner à la japonaise (mais maintenant ça va, on a l'habitude de manger du riz et de la soupe miso le matin !), nous avons longuement marché dans Koyasan : un peu vers les temples et le grand sanctuaire abritant plus de 200 000 tombes, mais aussi un peu dans la montagne, sur des chemins de randonnée. Mais lire une carte tout en japonais n'est pas forcément évident (surtout que toutes les cartes ne sont pas orientées de la même façon). Heureusement, grâce au grand sens de l'orientation de Maitre Moun, nous ne nous sommes pas perdus !
Il est 19h30 et nous avons dîné et nous avons pris un bon bain chaud dans la salle de bain collective (Maître Moun s'est baigné avec un moine et il l'a vu laver pendant plus de 10 min son crâne... complètement chauve !). On va refaire les sacs pour une des dernières fois : demain, cap vers le sud pour Hiroshima !

A bientôt !

samedi 12 avril 2008

Kyoto sous le soleil

Coucou !

Je suis degouté, je venais de vous écrire un super long message et par une mauvaise manoeuvre tout a é effacé ! Rrrrrr, je ne vais pas avoir le temps de tout re-écrire !
Je vous disais donc que le soleil est revenu sur Kyoto et c'est tant mieux car c'est plus agréable de marcher sous un ciel bleu (enfin, gris tres clair, soyons réaliste) que de faire floc-floc dans les flaques d'eau !
Kyoto est une ville magnifique et du coup nous ne l'avons pas quittée et y avons passé les trois derniers jours. Il y a une quantité impressionante de temples. Impossible de tous les visiter, d'autant plus qu'a la fin Maitre Moun a tendance a s'en lasser un petit peu ! Heureusement que Geisha Line note scrupuleusement chaque soir le nom de ce qu'on a visité, car on aurait vite fait de tout mélanger.

Hier, nous sommes allés au chateau de Nijo, palais mediéval tres différent de nos chateaux, tu as raison Paddy-wan. Les dessins sur les parois murales, representant des paysages ou des animaux, etaient magnifiques. Le plus marrant, c'est qu'il faut enlever ses chaussures avant d'entrer dans le musée et donc faire la visite en chaussettes !

Nous avons vu egalement de merveilleux jardins japonais, avec des arbres impeccablement tailles, des monticules de sable parfaitement ratissés, des pierres joliment disposées. Bien entendu, nous avons fait le plein de sakura : finalement certains arbres sont encore bien fleuris.

La promenade dans ses jardins serait bien zen, s'il n'y avait pas autant de touristes - pour la plupart asiatiques. Les Japonais adorent visiter leur propre pays et prendre absolument tout en photos. Mais nous faisons comme eux, il faut l'avouer... Bon, c'est promis, on vous épargnera une soirée diapo interminable a notre retour !

Nous continuons de bien manger pour pas trop cher.

Hier, on a quand meme fait une petite folie en nous payant un vrai shabu-shabu. Rien a voir avec celui qu'on avait tenté de cuisiner avec l'ami Roddy ! En plus, nous avons mangé dans un beau restaurant, assis devant des tables basses, avec vue sur la riviere qui traverse Kyoto, dans la célebre rue de Pontochocho.

Ci-dessous, voici une vue de notre salon, dans la maison de location (avant qu'on y mette le désordre). La maison est vraiment sympa et est bien placée. Le tapis sous la table est chauffant et la baignoire dans la salle de bain se remplie toute seule en réglant la température !

J'apprends qu'en France Mina le ninja n'est pas tres sage avec ses maitres adoptifs. On aimerait lui ramener ceci, vu dans un des multiples magasins de gadgets pour animaux : des pattes-gants pour jouer avec le chat tout en se protégeant des coups de griffes !

Bon, je vais arreter la. C'est l'heure de diner !

Continuez a nous envoyer des messages ! J'aime bien avoir de vos nouvelles quand on se connecte !

A bientot !