dimanche 22 novembre 2009

Les enfants rouges

Vous vous souvenez ? L'autre jour, Maître Moun a fait la promesse de tester chaque samedi midi un nouveau restaurant japonais. Alors vendredi soir, quand Maître Moun a demandé à sa belle "on fait quoi ce week-end ?", Geisha Line lui a rappelé sa promesse (qu'il avait déjà oubliée, vous connaissez la mémoire du Moun !).
Donc samedi, au saut du lit (c'est-à-dire aux environs de midi), direction Paris 3e, métro "Filles du calvaire". Le restaurant élu pour le test hebdomadaire se trouve dans un quartier que nous connaissons peu, au cœur du marché des Enfants rouges. Il s'agit de halles rénovées qui abritent de nombreux marchands de produits frais (poissonnier, boucher, charcutier, primeur...) et produits du terroir, et également plusieurs petits restaurants (marocain, italien...), pris d'assaut au moment du déjeuner.
Le restaurant japonais s'appelle Taéko, du nom de sa cuisinière en chef. originaire de l'île de Kyushu, au sud du Japon. Ouvert depuis 2006, il propose une restauration simple et typiquement japonaise. Les menus du samedi à 12,50 euros sont disposés dans des boites à bento laquées : un plat principal (croquettes de cabillaud, poulet frit, sardines grillées...) présenté avec une petite salade de chou rouge, quelques tranches de sashimis, un gros maki et des champignons marinés. Au fond, de la cuisine japonaise de tous les jours, comme dans les familles.
Bien sûr, il ne faut pas venir ici pour l'intimité. Les repas se prennent à de grandes tables collectives ou sur des petite tables dans l'allée (donc dans le passage des gens qui font leur marché). On est là à deux pas du Marais, dans le plus vieux marché de Paris. Mais, à attendre le brouhaha des voix du personnel en cuisine et des serveuses (qui parlent japonais), à voir les cuisiniers qui s'activent sous la grande halle qui abrite le coin cuisine, on se croirait un peu dans le petit étal d'un restaurateur de plein air, au Japon, en plein festival ou en plein Hanami - un peu comme sur cette photo prise à Tokyo en avril 2008 :
Bien sûr, j'ai dit "un peu", einh !
Par contre, je n'ai pas de photo à vous montrer, car on avait oublié l'appareil photo à la maison (c'est ballot). Heureusement, pour vous faire une idée de ce petit restaurant qui fait aussi traiteur, vous pouvez jeter un coup d'oeil ici.


Chez Taéko
Marché des Enfants rouges
39 rue de Bretagne - 75003 Paris
Tél. 01.48.04.34.59
Métro : Filles du Calvaire, Temple ou République
Ouvert du mardi au samedi de 9 à 19h30, et le dimanche de 9 à 14h.


PS : si vous souhaitez tester avec nous un restau japonais un de ces prochains samedis, faites-nous signe !

dimanche 15 novembre 2009

Illustrateurs à Tokyo

Histoire de redonner vie à ce blog, faisons un petit voyage à Tokyo avec de brillants illustrateurs...

Le premier est Florent Chavouet - que vous connaissez déjà certainement si vous fréquentez la blogosphère (voir ici son site et son blog). Florent a passé six mois à Tokyo, accompagnant sa copine venue au Japon pour un stage. Il a profité de ce break pour se promener dans la ville avec son vélo et surtout son carnet à croquis, visitant tour à tour plusieurs quartiers de la capitale. Cela a donné naissance à un fabuleux carnet de voyage, plein de couleurs et fourmillant de tas de petits détails, publié à son retour en France par les éditions Philippe Picquier : Tokyo Sanpo.J'aime la précision du regard de Florent Chavouet. On le devine assis pendant des heures devant la devanture d'un restaurant ou un fameux "koban" (poste de police) pour en croquer chaque petit détail. Ses cartes, qui ponctuent chaque "chapitre", sont à la fois précises et complètement personnelles, offrant un point de vue subjectif sur Tokyo. On est loin des clichés et de la vision froide de Lost in translation. Au contraire, il y a des tas de petites touches d'humour ici et là. La lecture de ce livre donne envie de retourner illico presto au Japon ! C'est d'ailleurs ce qu'a fait Florent cet été, le chanceux ! Il a fait de ce voyage un second livre qu'on attend avec impatience !
Florent Chavouet, Tokyo Sanpo © Editions Philippe Picquier

Deuxième livre sur le Japon, toujours à Tokyo et toujours par un dessinateur de BD : Tokyoland, de Benjamin Reiss, sous-titré "Les aventures d'un Français au Japon".
Nous sommes ici d'emblée dans la fiction, la scène s'ouvrant dans le futur et le narrateur ne portant pas le même nom que son auteur. Mais on devine facilement que Benjamin Reiss s'est certainement inspiré de sa propre expérience en écrivant les aventures de Jean-Yves Brückman. Peut-on parler d'autofiction ? Son personnage est un étudiant français qui se rend au Japon pour retrouver sa petite-amie japonaise. Arrivé à Tokyo, il ne trouvera aucune trace de sa petite amie, mais, au fil des semaines, il s'adaptera à sa nouvelle vie et en apprendra beaucoup sur lui-même, devant assistant mangaka auprès d'auteurs de BD japonais.
On est ici plus dans le récit de vie (sous forme autobiographique) et le récit initiatique que dans le carnet de voyage. Le récit de la solitude du personnage et de ses errances dans la grande ville prime sur la description de Tokyo. Le dessin est en bichromie, parfois un peu proche de la caricature (pourquoi le héros est-il si petit par rapport aux autres personnages ?). J'ai été un peu déçu par la fin qui se termine selon moi en queue de poisson. Mais Maître Moun et moi avons tout de même été captivés par cette BD lue d'une traite l'autre soir ! Y aura-t-il une suite ? On pourrait s'y attendre, étant donné la fin ouverte.
Benjamin Reiss, Tokyoland, (c) 12-bis

(PS aux éditeurs qui passeraient par là : on dirait que c'est la mode d'éditer des carnets de voyage au Japon. Si vous souhaitez publier le carnet de voyage d'un mouton au Japon, faites-moi signe ! Je suis volontaire pour partir là-bas y écrire un livre ! Non mais, faut bien que ce blog serve à quelque chose !)

  • D'autres avis : sur Tokyo Sanpo (ici) ou sur Tokyoland (ici)
Tokyo Sanpo
Florent Chavouet
Éditions Philippe Picquier
2009

Tokyoland
Benjamin Reiss
Éditions 12-bis
2009





Des sushis aux ciseaux

Maître Moun a pris une bonne résolution hier matin : celle d'aller chaque samedi midi (oui, il a dit "chaque" !) dans un restaurant japonais de la capitale. Attention, un vrai restaurant japonais, faisant de la vraie bonne cuisine du pays, einh, et pas un thaïlando-japonais de quartier ayant acheté à Belleville sa décoration Made in China ! Le but est bien entendu (vous connaissez Maître Moun) purement culturel : Maître Moun entend ainsi parfaire encore mieux sa connaissance de la cuisine japonaise.
Donc hier matin, fi du ménage hebdomadaire et des machines à laver, et direction Saint-Germain des Prés, en plein quartier chic et bobo ! Le premier restau élu par notre testeur professionnel se trouve rue des Ciseaux, dans le 6e, à deux pas de la rue Dufour. Le restaurant Tsukizi porte bien son nom, puisque c'est à l'origine le nom du célèbre marché aux poissons de Tokyo (celui qu'on n'a jamais visité car on est trop flemmard pour se lever aux aurores !). Une fois franchie la porte du tout petit restaurant (un comptoir et une petite salle avec à peine 8 couverts), on se croirait en effet rendu au Japon, dans un de ces petits restaus à sushis familiaux où le Maître Sushis préside derrière son comptoir. Assis juste devant les deux cuisiniers, on peut assister en direct à la confection des plats. Rapidité, maîtrise, précision, concentration... la confection du repas est un vrai spectacle dont on ne se lasse pas de regarder les qualités des acteurs !
Jugez-en un peu par vous-même :
video
Nous avons commandé chacun un menu à 17 euros - sashimis pour Maître Moun, sushis pour Geisha Line. Les plats ne sont pas très copieux, mais le poisson est d'une extrême qualité, fondant sous la langue et le riz cuit exactement à point. Dans les sushis, il y a plus de poisson que de riz... ce qui est normal au Japon, mais pas à Paris généralement ! Et le cuisinier ne lésine pas sur le wasabi... âmes sensibles, soyez prévenus !

On n'a pas goûté les plats à la carte (à part les rouleaux), mais on aurait bien aimé - sauf que c'est quand même assez cher. C'est pour cela que si vous avez une petite bourse, il est conseillé de venir le midi... et surtout de réserver à l'avance !

Après le repas, on avait envie d'un petit dessert. Alors direction Ladurée : changement de décor pour un petit café et des macarons colorés. Comment ça, les Moun ont des goûts de luxe ?!!

  • D'autres avis sur le restau : ici ou ici ou encore .

Tsukizi
2 bis, rue des Ciseaux, 75006 Paris.
Tél . : 01 43 54 65 19
Mardi - Samedi : 12:00 - 14:15 et 19:00 - 22:30. Dim. : 19:00 - 22:00