
"Temple de Yakushi en pierre" (Ishiyakushiji)

"L'averse" (Haku-u)

"Eclaircie après la neige" (Yukibare)

"Départ matinal du daimyo" (Honjin hayadachi)
Hiroshige - Sur la route du Tokaïdo
43e relais : Yokkaichi
"Le fleuve Mie" (Miegawa)
J'aime le vent qui s'immisce dans les branches, dans les herbes folles et qui va jusqu'à faire s'envoler les chapeaux des malheureux voyageurs.
J'aime cette mystérieuse silhouette en manteau jaune sur la droite : où va-t-elle ? qui est-elle ?
J'aime ce paysage automnal entre eau et terre, entre terre et ciel.
Et j'aime aussi surtout l'humour de cette scène un peu grotesque. On se croirait dans un vieux film de Chaplin. Le vent est un personnage comique de première classe qui fait s'envoler les couvre-chefs... ou se déchausser les dentiers !
Mauvaise passe !
mes dents se déchaussent
au vent d'automne
Sugiyama Sampû (1647 - 1732)
Voilà un bon bout de temps que je n'ai pas parlé de mes lectures. C'est que mes lectures ne sont pas très japonaises ces derniers temps et surtout (vraie raison) que j'ai une grande flemme dans la patte !
Mais je tiens quand même à vous dire un mot d'un de mes derniers coups de coeur : l'album Les deux vies de Taro, écrit par Jean-Pierre Kerloc'h et illustré par Elodie Nouhen (publié chez Didier Jeunesse).
L'histoire n'est pas nouvelle. Il s'agit d'une adaptation d'une vieille légende japonaise, aussi connue chez les Japonais que notre Petit chaperon rouge. Jean-Pierre Kerloc'h a en effet réécrit là le conte d'Urashima Taro, l'histoire d'un pêcheur sauvant une tortue. La tortue, animal symbole de longévité, saura lui rendre grâce et le remercier, l'entraînant au fond de l'océan, dans le Royaume de la Mer, où il tombera amoureux de la princesse Otohimé.
Bon, je n'ai pas envie de résumer l'histoire. Il faut que vous la lisiez ! J'aime particulièrement la fin du conte qui ouvre une belle réflexion sur le temps qui passe. Jean-Pierre Kerloc'h a su donner à cette histoire toute sa poésie et sa féerie, choisissant les mots avec justesse et finesse. Les illustrations mettent en valeur le récit, créant un univers onirique et mystérieux. Les tons sont chauds, voire sombres lorsque la tension dramatique monte (lorsque le pêcheur tombe au fond de l'océan). Certes, les images ont parfois un côté plus chinois que japonais (peut-être est-ce le choix du grand chapeau qui me fait dire cela). Mais il y a de magnifiques trouvailles dans le choix graphiques, comme l'utilisation de fils de fer pour figurer les filets du pêcheur, l'utilisation de petites touches dorées quand il s'agit d'évoquer le merveilleux royaume de la mer et surtout les effets de matière et les dégradés qui donnent une fabuleuse épaisseur au dessin.
Une belle union du texte et de l'image. Un beau voyage !
Les deux vies de Taro
Jean-Pierre Kerloc'h
Elodie Nouhen (illustrations)
Didier Jeunesse
2003
Katsushika Hokusai, Postface aux cent vues du mont Fuji.
Hiroshige, Sur la route du Tokaïdo
37e relais : Fujikawa
"Tête de cortège" (Bôhana no zu)
- La partie Ouest du Jutland est bien plus sauvage que la partie Est. Sur la côte de la mer du Nord, on a roulé au milieu des dunes, couvertes de lande et de bruyères. On a assisté à de beaux couchers de soleil sur d'immenses plages de sable fin.Et must du must, on a même fait du vélo sur la plage ! Si, si, une quinzaine de kilomètres, tout près des vagues !
- Tout est fait pour le vélo au Danemark : pistes cyclables partout, garages à vélo devant tous les magasins, transport aisé en train et même en bus (il suffit d'acheter un ticket pour sa bicyclette). Les automobilistes savent conduire avec des vélos autour d'eux et les respectent. D'ailleurs, les cyclistes respectent eux aussi le code de la route. C'est un plaisir de rouler là bas - et pas une lutte pour la vie, comme à Paris.
- On peut acheter des fruits et légumes frais dans les petits villages. Les habitants vendent devant chez eux le surplus de leurs jardins. On s'arrête devant une petite table où les légumes sont disposés, on regarde le prix des patates (kartofler en danois) ou des prunes, on met l'argent dans la petite boite... et on repart avec ses légumes !
- Les Danois sont de gros buveurs de bierre. Même Maître Moun en était choqué ! Les hommes comme les femmes boivent de la Tuborg comme si c'était de l'Evian. Et ils tiennent bien l'alcool, croyez-moi !
- La vie est très chère. Heureusement, quand on pédale toute la journée, on n'est pas trop tenté de consommer ! Au restaurant, il faut payer pour boire un verre d'eau du robinet. Une dizaine de couronnes par verre !
- Les Danois aiment vivre dans la nature, et ça se voit ! Il y a des campings partout et un bon nombre de "camps primitifs". On a le droit de faire des feux (presque) partout. Certaines zones sont protégées et on y croise de nombreux oiseaux migrateurs.
- Nous avons croisé des milliers de coccinelles. Il paraît qu'elles viennent de Chine et que leur sur-population n'avait pas vraiment été prévue. Par endroit, c'était vraiment impressionnant.
Il y aurait encore plein de choses à dire... mais gardons le mystère ! N'avez-vous pas envie de passer vos prochaines vacances au Danemark ?! (Non, on n'a pas d'action pour l'office du tourisme de ce pays !)
Et l'année prochaine ? En toute logique, Geisha Line aimerait bien continuer la route de la mer du Nord : les prochaines étapes sont la Suède et la Norvège, deux pays qui font rêver ma maîtresse. Mais il semble que convaincre Maître Moun de passer de nouveau des vacances à vélo soit très très difficile... Le valeureux cycliste veut partir l'année prochaine en hotel-club ! Diable, trahirait-il sa réputation de cycliste émérite ?!!