mercredi 20 février 2008

Epinards et hémoglobine

Que vois-je ? Une majorité d'entre vous me jugent "inculte et immature" ?
Je suis choqué et profondément contrarié par la piètre opinion que vous avez de moi. Pour vous montrer que vous vous trompez amèrement, j'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique dans laquelle il sera question de culture. Ce sera l'occasion de vous faire partager mes découvertes nippones en littérature ou en cinéma et vous montrer que je ne m'intéresse pas qu'à brouter l'herbe fraîche.

Lecture, tout d'abord.
Un peu timidement, j'essaie de faire une incursion dans l'univers du manga. Je découvre avec plaisir que le manga n'est pas seulement de la BD en noir et blanc pour adolescents boutonneux obsédés par les monstres et les samouraïs. Mon dernier coup de coeur est pour un auteur qui, bien que français, est passionné par le Japon : Frédéric Boilet. C'est un mangaka (dessinateur de manga), qui vit au Japon depuis les années 1990 et qui a publié plusieurs albums là-bas.
Je n'ai lu pour l'instant que L'épinard de Yukiko, paru aux éditions Ego comme X en 2001. L'histoire est toute simple : un Français vivant à Tokyo rencontre une jeune Japonaise, Yukiko. Il tombe aussitôt amoureux d'elle, même s'il sait d'avance que leur histoire ne durera pas, car la jeune fille en aime un autre. Ainsi résumée, l'histoire paraît confiner au mélo sentimental. Pourtant, on en est loin. Au contraire, tout est délicatesse et non-dit. On est en plein dans l'autofiction et on ne sait jamais vraiment si le narrateur et l'auteur ne font qu'une seule personne. Par une série de gros plans, on suit le regard du narrateur amoureux. Son seul regard illumine le personnage féminin. Les dessins ont un côté réaliste, proche de la photographie, et sont très sensuels (Frédéric Boilet a édité pas mal d'albums érotiques, par ailleurs). La bande dessinée ressemble à un petit court-métrage. L''histoire d'amour se construit en même temps que le manga lui-même, certaines pages montrant le travail du dessinateur qui figure son modèle dans les pages de son agenda.
Bref, j'ai vraiment bien aimé.

En revanche, Maître Moun n'a pas voulu lire cette BD. A croire que les histoires d'amour, c'est pas trop son truc (hum, faudrait demander à Geisha Line ce qu'il en est, en fait !)...
Ce qui a plu à Maître Moun est le film que nous avons regardé le week-end dernier : Zatoïchi. Il s'agit d'un film japonais réalisé par Takeshi Kitano et sorti en 2003. Mon résumé ne sera pas très objectif, car j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. En gros, c'est un voyageur aveugle qui, malgré son handicap, est capable de dégommer en moins de deux tous les parasites qui se trouvent sur son chemin. Pour cela, il dispose d'une canne dissumulant une épée et a un sens de l'ouïe hors du commun, puisqu'il est capable de distinguer les moindres bruits révélant la présence de ses ennemis. Je vous fais grâce du compte rendu détaillé. En fait, il y a un mort (ou un amputé à vie) à peu près toutes les 5 minutes (avec des pointes à intervalle de 5 secondes lorsque les méchants arrivent en masse). J'ai un peu décroché dès que j'ai vu le premier jet de sang s'écouler à gros flots à l'écran, dans un bruit d'ouverture de bouteille de champagne. La pauvre Geisha Line a dû se cacher les yeux pour ne pas être complètement traumatisée.
Pourtant, Zaïtochi n'est pas un vulgaire film de samouraï. Il a obtenu un tas de prix prestigieux, dont le Lion d'argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise. Zaïtochi est un personnage très populaire au Japon : il a été le héros d'une série de 26 films dans les années 1960, puis d'une célèbre série télévisée.
Bon, on va dire que je suis mauvais public. Pas comme le ninja qui, après cette séance de cinéma, s'est sentie inspirée et m'a coursé dans tout l'appartement. La vie de mouton est dure, décidément.

2 commentaires:

Un jeune Paddy-wan a dit…

Omoshiroï !...
On n'a pas dit que Paddy n'est passybêêête !

Je vais te passer le DVD de l'été de Kikujiro (Kikujiro no Natsu) un autre film de (et avec) Takeshi Kitano, très révélateur de l'esprit japonais. Tu me donneras tes impressions.

Paddy a dit…

Salut jeune Paddy-wan !

ça a l'air sympa ce film ! j'ai hâte de le regarder : ça me changera des coups de sabre !