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mardi 16 décembre 2008

Comment on dit "lapin" en japonais ?

Chaque année, les messieurs qui retiennent en otage Maître Moun jusqu'à très tard le soir et qui l'emmènent de force à l'autre bout de la planète se rappellent à la même période que c'est Noël et qu'à cette occasion quand même, on peut être un peu généreux avec ses valeureux employés. Ces messieurs proposent donc une liste de cadeaux dans laquelle on peut choisir ce qu'on veut. Tous les ans, c'est un sujet de dispute chez les Moun (mais qu'est-ce qui n'est pas un sujet de dispute chez les Moun ? je vous le demande !). Maître Moun déclare vindicativement : "Je veux la machine à pain !", tandis que sa femme dénigre ce genre d'électroménager qui, dit-elle, finira forcément au bout de quelques jours dans un placard encombré de la cuisine. Bref, les Moun n'arrivent jamais à s'entendre sur le cadeau et, à court d'arguments, finissent par choisir les chèques-cadeaux.
Cette année, Maître Moun était trop occupé pour choisir le cadeau de Noël et c'est Geisha Line qui a décidé toute seule. Alors, bien sûr, elle n'en a fait qu'à sa tête ! A tel point que lorsque les collègues de Maître Moun lui ont mis le cadeau dans les mains, il a cru qu'ils s'étaient trompés et a voulu le refuser !
Mais non ! Geisha Line a bien choisi le cadeau le plus futile qui soit. Le plus inutile, même. Le cadeau s'appelle Nabaztag, ce qui veut dire "lapin" en arménien. Ce lapin-là a de grandes oreilles capables de bouger, mais heureusement il ne grignote pas tout ce qu'il trouve et n'a pas de cage qu'il faut nettoyer quotidiennement (et puis quoi encore ?).
Mes maîtres ont mis une soirée entière à le configurer, maudissant l'informatique qui-marche-jamais-c'est-bien-connu. Maintenant, heureusement, le Nazbatag marche. Mais bon, on ne sait pas trop à quoi il sert. Il donne la météo quand on lui appuie sur la tête, mais jusqu'à maintenant il n'a su qu'annoncer une température de 4°C et un temps pluvieux... information pas du tout satisfaisante ! Il sait également mettre la radio, mais parfois il se trompe : on lui dit "NRJ" et il pointe sur une station qui ressemble à Radio Notre-Dame... au secours !
Alors finalement, la seule fonctionnalité que les Moun ont trouvé à leur lapin électronique, c'est de s'en servir comme entremetteur : via leur lapin, ils s'envoient des petits mots doux d'une pièce à l'autre de l'appartement et rigolent comme des tarés lorsque la voix mécanique du lapin récitent le message d'amour sur une voix monocorde. Oui, je sais, c'est un peu pathétique... mais mes maîtres sont restés de grands enfants...
Pour donner une copine au Nazbatag, Geisha Line a fabriqué une petite Miss Lapinette, dont elle a repiqué le patron dans un livre de couture (Doudous pour les tout-petits, chez Marabout). Mais c'est là qu'on voit que Geisha Line, malgré ses ambitions, a gardé ses deux mains gauches. Il y a eu comme un bug à l'assemblage des morceaux de tissus et Geisha Line a cousu les yeux et le nez du lapin à l'envers. Du coup, elle a recommencé de l'autre côté de la tête et maintenant Miss Lapinette a deux têtes et une étiquette qui lui sert de cravate. Pfff...
Qu'est-ce qu'on se marre chez les Moun !

lundi 13 octobre 2008

Un dimanche au Japon

Dimanche matin, à l'aurore (bon, OK, il était 9h30 passées !), Geisha Line a usé de ses charmes auprès de son Maître Moun de mari. Elle a pris une voix sulfureuse et lui a murmuré à l'oreille : "Dis, tu me fais des makis pour mes copines et moi ?" Le Moun a un petit peu grogné/râlé/gromelé pour la forme, mais s'est patiemment exécuté (avait-il seulement le choix diront mes lecteurs anti-féministes ?).
Quelque temps plus tard, Geisha Line, en indigne épouse, a abandonné son cher et tendre, tout seul devant un plateau-repas diététique et des dessins animés racontant des histoires de méchants guerriers. L'homme était en mauvaise posture, quand Geisha Line a claqué la porte d'entrée...

(Observez le regard fourbe et intéressé du félin).

... mais qu'importe et vive la liberté, s'est-elle dit très égoïstement ! C'est que Geisha Line avait rendez-vous avec ces (nouvelles) copines du swap japonisant Sakura Wam. Premier passage de l'autre côté de l'écran de l'ordinateur grâce à ce blog : il fallait fêter cela par un repas nippo-parisiano-lorrain digne de l'événement :
(Non, il ne s'agit pas d'un pique-nique de clodos !
Vous pouvez cliquer sur la photo et jouer à "Où est Paddy ?")


Il faisait un temps magnifique - un vrai été indien aux couleurs d'automne. Seul représentant ovin au sein d'un groupe exclusivement féminin, je me suis dit que j'allais parader au milieu de mes admiratrices. Mais lorsque Geisha Line m'a sorti de son sac, j'en ai entendu dans l'assemblée qui se sont écriées : "Mais il est tout petit Paddy !" et même une qui s'est exclamée, sans aucun tact "Mais il n'est plus tout jeune, on voit qu'il a vécu !". Hum, hum, heureusement que je ne suis pas susceptible, les filles, parce que j'aurais pu le prendre très mal, n'est-ce pas ! Heureusement, il m'a été épargné la remarque fatale qui, généralement, me laisse de glace : "Mais tu es tout sale, Paddy !".

Bref, après avoir pique-niqué, les copines de Geisha Line ont été tout d'un coup toutes excitées. C'est que, avec fébrilité, elles se sont échangées leurs réalisations swappesques !

Mimi Kaolin a offert à Geisha Line un sac à main vintage hyper mode, imaginé et fabriqué avec le tissu d'une ceinture (obi) de kimono directement importé du Japon. Geisha Line adore l'idée d'avoir un sac qui, il y a quelques années, était un morceau de vêtement porté par un Japonais vivant à des milliers de kilomètres de là. Quant à moi, j'ai trouvé l'astuce pour me glisser habilement dans le sac et en profiter pour voir le paysage tout en me laissant porter : quel style, n'est-ce pas ?
En revanche, dès que le Ninja félin a aperçu le sac, elle s'est précipitée sur la chaînette métallique et il a fallu planquer le joli cadeau !
En tous les cas, mille mercis Mimi ! Et j'attends l'autre partie du swap : j'ai hâte de connaître la petite copine que tu m'as inventée !
De son côté, Noueuse d'aiguillette a déballé les cadeaux réalisés par les mains gauches de Geisha Line. Les voici pris en photo :


La pièce maîtresse est un tablier à la japonaise qui a valu quelques heures de couture à Geisha Line et à sa Mamicha. Porté, ça donne quelque chose comme ça :

Pour les petites babioles à côté, il s'agit de :
- une pochette à trois entrées, savamment inspirée du pliage origami. Ma maîtresse a trouvé le modèle sur My little Mochi, un site anglais (ici le tuto en PDF) ;
- un petit chat en papier mâché trouvé dans une superbe boutique de la rue de Rennes ;
- quelques sachets de thé vert, à boire délicatement avec de la musique zen en fond sonore pour faire style genre "je suis au Japon" ;
- deux petits sachets de furikake "Hello Kitty". Noueuse, je n'ai pas eu le temps de t'expliquer ce que c'était : le furikake est un condiment à base de sésame, varech, poissons séchés, qu'on met sur du riz blanc pour l'assaisonner. J'espère qu'en arrivant chez toi tu n'as pas cru que c'était de la nourriture de poisson d'aquarium (ça y ressemble beaucoup, c'est vrai !) ! Les Moun adorent ça (le furikake, pas la bouffe pour poisson, einh, bien sûr !) ;
- une guirlande Grues porte-bonheur, à suspendre de préférence hors d'accès d'un chat joueur :


Mais trêve de matérialité, ce petit groupe de dames ne s'était pas rassemblé seulement pour bouffer et s'offrir des cadeaux ! Le rendez-vous était fixé aux jardins Albert Kahn, tout au bout de la ligne 10, à Boulogne-Billancourt.
A peine les portes du jardin franchies, nous nous sommes crus ailleurs. Loin, très loin de Paris : dans la forêt vosgienne où, derrière les sapins, semblaient se cacher des lutins maléfiques ; dans un jardin anglais où j'aurais bien aimé pouvoir me rouler dans la belle pelouse verte ; dans une belle roseraie où j'ai regretté que ce ne soit plus la saison des roses... Mais aussi et surtout dans un vrai jardin japonais, dans lequel les feuilles rougies des platanes formaient de magnifiques touches de couleur !


Albert Kahn était un riche banquier du début du XXe siècle. De retour d'un voyage au Japon (et à l'époque rares encore étaient ceux qui faisaient le voyage vers ce lointain pays), il eu l'idée de recréer aux portes de Paris un jardin à la japonaise. Il recruta des jardiniers japonais et, dit-on, fit ramener en kit des maisons du Japon. Aujourd'hui, à ce premier "village japonais" créé en 1898 s'ajoute un jardin japonais datant de 1990 et conçu par un paysagiste japonais. Petit pont de bois rouge, collines de mousse, point d'eau envahi par les carpes multicolores, lanternes de pierre... on se croirait vraiment au Japon, dans un jardin de Kyoto !

Comme je suis un mouton sauvage, j'aurais bien zappé les dizaines de touristes qui piétinaient autour de moi (il aurait fallu pouvoir venir en semaine plutôt qu'un dimanche après-midi !). Mais bon, ne faisons pas notre prétentieux. C'était une superbe façon de s'initier à l'art des jardins japonais.

Pour de plus belles photos, je vous invite à aller voir le site d'Avalina, notre comparse de swap !

Jardins Albert Kahn
14, rue du Port
92100 Boulogne-Billancourt
Métro Pont de Saint-Cloud
Ouverture : tous les jours sauf le lundi (fermé en hiver).

lundi 22 septembre 2008

Les Paddy's Arward

Même Arte désormais se met à la Star Academy et demande à ses téléspectateurs de taper sur leur téléphone pour élire le meilleur dramaturge européen (et c'est Shakespeare qui a gagné, of course !). Alors je peux bien moi aussi organiser sur mon blog une distribution de prix. Rassurez-vous, vous n'aurez pas à sortir votre téléphone et à payer une fortune en SMS. J'ai déjà voté pour vous !

Alors, tun-tunnnnnnnnnn (musique officielle des Paddy's Arward !) !
Tout d'abord, j'ai l'honneur d'attribuer le Mouton d'Or à l'équipe Mout-Cout dont les membres, sur l'impulsion de la dernière lubie de Geisha Line, se sont transformés tout le week-end en ouvrières chinoises clandestines et ont réalisé des travaux de couture de toute beauté. L'équipe Mout-Cout, c'est Geisha Line, commandante en chef, qui a donné les ordres et piqué à la machine, accompagnée de Mamicha, conseillère technique et Maître Moun, conseiller ergonomique aidant à l'implémentation.

Chers lecteurs représentants de la gente masculine, vous vous figurez sûrement que la couture est un truc de filles, donc (ne mentez pas, je vous entends penser d'ici !) une activité de frêle mauviette. Que nenni ! Il en faut du courage face à cette bête à aiguille qu'est une machine à coudre. La preuve, c'est que lorsque Mamicha a sorti sa vieille machine à coudre, l'a dépoussiérée, et l'a installée sur la table de la salle à manger, j'ai bien failli me faire piquer la patte :

Pire encore, quand j'ai vu qui a voulu se mettre au commande devant la machine, j'ai tremblé de tout mon corps. Regardez donc la chose édentée qui se trouve en bas, sur la chaise !


Heureusement Mina-le-ninja avait d'autres chats à fouetter et a laissé Geisha Line tranquille. Celle-ci a donc pu suivre sa première leçon de couture. Elle a appris des tas de termes techniques qui lui ont bien plu (Geisha Line adore les mots compliqués) - surfilage, fusette, point d'arrêt, surpiqûre, biais... et j'en passe -, mais a surtout retenu la leçon numéro 1 de sa Mamicha. Je cite ces paroles d'une grande sagesse : "Surtout, il ne faut pas vouloir trop bien faire, sinon on avance pas !" Croyez-moi, cette leçon-là n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde !

Bref, après avoir appris les bases, Geisha Line s'est tout de suite lancé dans la réalisation d'un premier essai. Comme la maxime fétiche de Geisha Line, c'est "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué", elle a choisi d'emblée un truc pas si facile à faire : un sac en toile réversible, avec pour seul modèle l'idée qu'elle avait en tête.
Quelques heures plus tard, cela a donné ceci :
Ci-dessus le recto, et ci-dessous le verso :

C'est sympa d'avoir pensé à moi pour la poche spéciale "transport de mouton en peluche" ! Quant au tissu, je tiens à signaler qu'il a été retrouvé dans une vieille armoire et qu'il est d'époque (de l'époque où Mamicha portait des jupes psychédéliques et vivait avec Papicha dans un appartement où les meubles étaient oranges et la cuisine tout en formica...).
Après ça, on ne pouvait plus arrêter Geisha Line, si bien que désormais il va falloir l'appeler la Piqueuse folle ! Elle voulait réaliser des accessoires pour accompagner son super sac à Eee-PC. Cette jolie b-eee-sace a été fabriquée par Syven et troquée contre un livre :(Pour plus de photos de cette superbe b-eee-sace, voir cette page sur le site de Syven.)

Geisha Line a donc exploité les chutes de tissu et s'est inspirée du modèle de la "trousse ultra simple" qui tourne en ce moment sur le net pour fabriquer ceci :

J'ai d'emblée décidé que ce ne serait point une trousse pour mettre des crayons, mais un sac de couchage pour mouton en peluche :

A gauche, il s'agit du modèle de "sotonaka", assorti dans les mêmes coordonnés. Le porte-portable devrait toutefois se transformer en porte-i-pod, parce que la pochette est légèrement plus étroite que prévue.

Bref, ne trouvez-vous pas que ce premier prix est bien mérité ?

Dans un genre tout à fait différent, je décerne maintenant le prix du Mouton d'Argent à Mina, alias le Chat Volant. Tous les soirs, mes maîtres entraînent leur chat au championnat du monde de saut en hauteur. Au prix d'un entraînement intensif (dont les voisins se souviennent je suppose), Mina a réussi cet exploit hautement impressionnant : voler sans filet ni aide extérieure à plus d'un mètre du sol. Ce n'est pas la première fois, mais ce qui est exceptionnel c'est qu'un cliché a pu être pris :

Je vous jure que cette photo a été réalisée SANS AUCUN TRUCAGE ! Sur la demande de Maître Moun, nous avons seulement flouté tout ce qui entoure le chat (Maître Moun préfère préserver son anonymat). Un petit zoom pour que vous puissiez visualiser mieux le phénomène de lévitation féline :Newton n'a qu'à aller se rhabiller avec sa loi sur la gravitation universelle : les corps lancés dans le vide ne retombent pas nécessairement !

Enfin, soyons complètement narcissique et prétentieux pour le troisième prix. J'accorde le Mouton de Bronze à... mon blog ! Comment ça, j'exagère ? Je ne fais pourtant qu'interpréter la déclaration d'amour gentiment faite par Olala :

Au fait, si vous aimez manger comme moi, allez faire un tour sur son blog qui est rempli de recettes gourmandes bien alléchantes !
La règle voudrait que je décerne ce prix à mon tour à 7 autres personnes. Mais bon, j'ai toujours eu tendance à casser les chaînes, ne m'en voulez pas... Mais je voulais quand même en profiter pour mettre en lien une de mes lectrices du Japon, Baiya, qui donne pleins d'infos et d'anecdotes sur Nagoya en français. Coucou Baiya, merci de m'avoir "linké" !

lundi 8 septembre 2008

Dehors c'est dedans, dedans c'est dehors

Les Japonais n'ont pas la même représentation de la dualité extérieur/intérieur que les Occidentaux. Reconnaissons-le, en Occident, on a tendance à édifier des murs, construire des clôtures et se calfeutrer chez soi en affichant un panneau "Défense d'entrer, chat chien méchant". Le mur de ciment vient séparer l'intérieur de l'extérieur et marquer matériellement la limite de l'intimité et de la propriété.
Au Japon, je suppose qu'on ne laisse pas non plus les étrangers pénétrer chez soi. Mais la frontière marquée entre le dedans et le dehors est plus subtile et pas affichée avec la même fermeté possessive des occidentaux. Ainsi, dans les maisons traditionnelles japonaises, en place de fenêtres et de portes, on trouve des cloisons mobiles. Il suffit de faire coulisser l'écran opaque du fusuma et voilà, on est dehors. Il suffit encore de tirer la paroi de papier washi que sont les shôji, et voilà, la pièce a tout à coup rapetissé ou bien au contraire doublé de volume. C'est une conception évolutive de l'espace. Un peu comme le jeu où il faut faire coulisser des carrés pour reconstituer la figure dessinée, il est aisé de changer l'apparence d'une pièce en quelques secondes en choisissant de disposer d'une toute autre façon les parois qui remplacent les murs.

C'est une mise en scène magique de l'espace, quand on y pense. On est à l'intérieur, chez soi, mais il suffit de tirer une cloison, et aussitôt on se retrouve dans un jardin zen. Le dehors et le dedans ne se confondent pas, mais tout en étant dedans on peut être aussi dehors. Joyeux mélange des contraires !
Un fusuma joliment décoré, dans le temple de Koyasan où ont dormi les Moun

Ainsi, quand Geisha Line et Maître Moun sont arrivés à Koyasan, une petite ville de montagne dans la péninsule de Kii, après un voyage interminable (en TGV, train, funiculaire puis bus), ils se sont installés dans la chambre du temple dans lequel ils ont passé deux nuits (rappelez-vous, les drôles de moines qui les ont réveillés par des chants incantatoires un peu étranges). Ils se sont servi du thé vert, se sont installés dans des fauteuils en rotin et ont tiré la mince cloison qui les séparaient de l'extérieur. Ils étaient dans leur chambre, et en même temps dans le joli jardin du monastère, contemplant les arbres délicatement taillés et les pierres savamment disposées.

Pause thé vert et pâtisserie dans la chambre du temple

L'architecture japonaise pose le postulat d'une continuité entre les constructions humaines et la nature : la maison ne vient pas prendre possession du paysage et l'accaparer, mais elle se fond en lui, si bien qu'elle semble être un prolongement du paysage dans laquelle elle a été construite. En ce sens, l'architecture ne coupe pas, mais elle ouvre. N'est-ce pas le meilleur endroit pour contempler l'évolution de la nature à travers les saisons que d'être assis tranquillement dans son le fauteuil de son salon, tout en se situant à l'intérieur même de ce paysage ?
L'entrée du temple de Koyasan

Évidemment, cela suppose une certaine confiance en l'honnêteté humaine. Dans le temple de Koyasan, il n'y avait pas de serrure sur les portes des chambres. Il suffisait de pousser la cloison pour se retrouver dans l'intimité des touristes. Conséquence malheureuse pour les voisins de chambres des Moun : à 6h33, n'étant toujours pas levés pour la prière (obligatoire) de 6h30, ceux-ci se sont vus littéralement tirés du lit par deux moines qui sont rentrés sans vergogne dans leur chambre, les empêchant de choisir le confort du futon aux impératifs de la foi religieuse ! Dur, le réveil !
La porte de la chambre

Autre conséquence purement pratique, là aussi, c'est le manque d'isolation des maisons traditionnelles. Une simple cloison de papier pour fenêtre, cela ne protège pas du froid comme nos bons double-vitrages. Ils devaient se les cailler un peu, les samouraï, dans leurs maisons, il y a quelques siècles !

Quittons le Japon pour revenir à Paris. Geisha Line, qui depuis la semaine dernière a un nouveau téléphone et qui depuis quelque temps a des velléités (pitoyables, avouons-le) de couturière, a cogité ce double concept japonais de dedans-qui-est-du-dehors et de dehors-qui-est-du-dedans pour inventer un nouvel objet : la pochette non-pochette pour le téléphone portable ! (Non, Geisha Line n'a pas fumé d'herbe lors de son passage vélocipédique à Amsterdam).
Je vous explique... Le problème était simple : avec le chat-à-clochette accroché au bas de son portable, ce n'était pas pratique de glisser le téléphone dans sa banale chaussette. Or, comme Geisha Line range tout un tas de fouillis inutiles de première nécessité féminine dans son sac à main, il était indispensable de protéger le téléphone. Geisha Line a donc conçu dans sa petite tête le protège-portable qui enveloppe joliment le téléphone tout en laissant une ouverture pour la clochelette et permettant d'envoyer des SMS sans sortir entièrement l'appareil de sa pochette. C'est assez ténu : le téléphone est à l'intérieur de sa pochette et, en une fraction de seconde, il se retrouve aisément à l'extérieur.

Dedans, le portable (à l'abri des coups de pattes du Monstre)

Dehors, le portable
(accessible aux doux doigts de Geisha Line, mais sans avoir à sortir le chat à clochette)

Maître Moun, juge infaillible, a souri ironiquement quand Geisha Line lui a montré son oeuvre, mais, en bon mari, a tout juste rectifié le tir en affirmant que "Mais si, je te jure, je la trouve super ta pochette, mais tu sais je ne mérite pas que tu m'en fasses une rien que pour moi !" (Geisha Line, pour éviter les scènes de ménage, a préféré ne pas lire entre les lignes de la politesse de cette réplique.)

Les mains gauches de Geisha Line ont des progrès à faire en couture (mais si elles étaient aidées d'une machine à coudre, ce serait mieux). Le soir où la pochette a été cousue, elles ont frôlé la catastrophe sanglante. En effet, quand Mina-le-ninja a vu que Geisha Line faisait des trucs rigolos avec du fil et des aiguilles, elle s'est écrié "chouette !" en langage chat... c'est-à-dire qu'elle a remué une oreille, puis deux, et, toutes griffes dehors, a sauté d'un bond sur l'ouvrage de l'apprenti couturière. Il y a eu quelques cris (humains ou félins, je ne sais pas, je n'ai pas réussi à les identifier). Mais heureusement, l'effroyable a été évité de justesse.
Depuis, pour la survie de chacun, Mina n'a plus le droit d'être dans la même pièce que les aiguilles à coudre. Moralité : pas d'intérieur-extérieur pour le chat qui est consigné obligatoirement à la porte de salon ! Non mais !
Dehors, le chat qui boude, au dedans de sa minuscule boite

lundi 1 septembre 2008

Deux mains gauches (hélas)

Au secours ! Geisha Line a pété un plomb ! Non, non, je rigole pas ! Je vous raconte...
Figurez-vous qu'à ses heures perdues (quand elle attend son petit mari après le boulot par exemple), Geisha Line aime bien surfer sur Internet. Jusque là, tout va bien. De clics en clics, de sites en blogs, Geisha Line s'est aperçue que loin est désormais le temps où le net était envahi par la gente masculine et les Geeks boutonneux et qu'aujourd'hui les femmes ont pris le pouvoir d'Internet. Via le net, les bloggeuses échangent leurs recettes de cuisine, affichent les photos de leurs enfants et montrent leurs travaux de couture, broderie, tricot ou crochet. Geisha Line, en voyant toutes ces bloggeuses créatives, s'est dit que c'était pas mal du tout ce qu'on pouvait faire avec du fil et du tissu et que peut-être, puisqu'elle est une fille aussi après tout, elle pourrait se mettre à créer des trucs jolis avec ses petits doigts.

Ce qui a plu tout particulièrement à Geisha Line, ce sont les échanges créés entre ces travaux de fils et d'aiguille et leurs prolongements dans le concept de swap.
Qu'est-ce qu'un swap, me dites-vous, vous, brillants anglicisistes qui savez bien que "to swap" veut dire "échanger" ? Il s'agit d'un échange entre deux blogueuses qui, au départ, ne se connaissent pas et sont mises en relation via une organisatrice de swap qui a fixé des règles précises et surtout un thème, autour duquel des "swapeuses" pourront crééer des objets, puis se les envoyer l'une à l'autre. Bon, là, je n'explique pas très bien les choses : pour un mode d'emploi plus complet, voir ce site qui récapitule les swaps en cours.

Bref, Geisha Line s'est mise en tête de devenir elle aussi une "swapeuse" et de fabriquer de petites choses à une "swapée" tirée au sort. Elle a toujours adoré recevoir des surprises. Il y a justement en ce moment sur le net un grand swap organisé autour du Japon : Sakura Wam. A lire le pitch (comme on dit maintenant), on comprend que Geisha Line s'est sentie interpelée :

Folles de culture nippone,
tarées d’imprimés du soleil Levant,
barrées de calligraphie
timbrées d’estampes sur papier washi
brodeuses d’haïkus ou de shashiko
modeleuses de raku
Fanas de mode tokyoïte, de geishas en furisode de sumotori en yukata indigo, de kokeshi et de manga, d’origami, de wasabi, de feng shui , de tatami, d’ikebana, de jardins secs et de et de ginkos millénaires, d’encens glycine ou de thé vert…
Vous en avez rêvé… ce swap est fait pour vous !

Moi qui maintenant connais la signification de (presque) tous ces mots japonais, je me dis que ça doit être super !

Sauf que...
Sauf que Geisha Line dans un swap créatif, c'est un peu comme un éléphant chez un marchand de porcelaine : une catastrophe ! Car Geisha Line a un secret : elle a deux mains gauches. Dans sa prime enfance, elle adorait bricoler et fabriquer des poupées en chiffon, décorer des boites de camembert avec des pâtes, récupérer de la laine à sa Mamicha pour faire des pompons, et j'en passe. Mais un jour, elle a grandi et elle s'est rendue compte du résultat de ses créations et de cette triste vérité : ses doigts ne lui obéissaient pas vraiment et avaient tendance à faire des pâtés au lieu de belles formes de couleurs. Et comme Geisha Line est un peu (beaucoup) perfectionniste, elle n'a pas aimé ses piètres créations et a fini par dire que le bricolage et la couture, ce n'était pas pour elle.

Jusqu'à aujourd'hui !
Car Geisha Line est officiellement inscrite au Sakura Wam et va donc devoir inventer une création pour une bloggeuse (qui ne sait pas ce qui l'attend). Muses des aiguilles et des épingles, venez de toute urgence vous pencher sur Geisha Line afin que sa swapée ne soit pas effrayée (et dépitée) quand elle recevra le résultat créatif de ma maîtresse ! Vite, ça urge !!!

Quant à vous, chères lectrices qui, peut-être, vous êtes égarées sur ce blog en tapant des mots comme "kimono", "yukata" ou "Furoshiki", pourquoi ne pas vous inscrire, puisqu'il est encore temps ? Plus il y aura d'inscrites, plus les (mal)chances statistiques qu'une malheureuse bloggeuse tombe sur Geisha Line et ses deux mains gauches comme compagnes de swap seront diminuées ! (Si, si, c'est mathématiques !)



PS : Si tu es la malheureuse swappée de Geisha Line et que tu lis ces lignes, ne sois pas (trop) effrayée ! Malgré sa maladresse, Geisha Line a quelques bonnes idées pour contrer ses défauts et sait également s'entourer de personnes plus calées qu'elle : une Mamicha pro de la couture et un Maître Moun qui a, lui aussi, deux mains gauches (mais qui a l'avantage d'être gaucher... ce qui fait qu'avoir des mains gauches est un merveilleux atout !).

PPS : Y a-t-il de la place sur Internet pour les moutons swapeurs et créatifs ? L'ovinitude sait inspirer les troupes en tout cas... Dommage qu'il soit trop tard pour participer au super concours des Moutons de Kallou !