jeudi 29 janvier 2009

Il suffit de passer le pont

Hiroshige, Sur la route du Tokaido
Hodogaya
"Le pont de Shinmachi" (Shinmachi-bashi)

Ce soir, je prends le pont pour passer de l'autre côté de la rivière et arriver au relais de Hodogaya.
J'ai failli oublier cette étape du voyage. Failli oublier qu'on était déjà jeudi. Failli oublier que cela faisait presque un mois déjà qu'on était passé de l'autre côté de l'année - en 2009.

Il faut croire que 2009 commence trop vite puisque je n'ai pas vu passer le mois de janvier. Mais avant d'être arrivé au dernier jour du premier mois, je prends quelques minutes pour répondre à l'invitation de Furoshiki qui m'enjoint à donner mes bonnes résolutions.

Je n'aime pas prétendre engager l'avenir dans des promesses. Car l'avenir, Inch Allah, est, tout au mieux, un vague désir, tout au pire un insaisissable destin.

Si j'avais quand même à faire des résolutions pour 2009, les voici :
1- Mettre le nez dehors et cesser de regarder les poils de chat sur la moquette, du haut du thermostat de la chaudière.
2- Exiger de mes maîtres qu'ils travaillent moins et qu'ils soient plus souvent à la maison.
3- Écrire davantage et aider Geisha Line à aller au bout de ses projets.
4- Commencer à préparer sérieusement mon futur voyage en Corée et au Japon.
5- Tordre le cou de l'espèce de félin qui me martyrise (je finirai bien par avoir sa peau, j'en suis sûr !).

Bienvenue de l'autre côté du pont. Bienvenue en 2009.

  • Pour commencer le voyage depuis le début, c'est ici.



dimanche 25 janvier 2009

Mon premier manwha



Youn-bok Lee vit en Corée du Sud, dans les années 1960, avec son père et ses frère et soeurs. Le pays est meurtri par la guerre et, pour une bonne partie de la population, la vie est limitée à la survie et à la recherche de nourriture. Le jeune garçon, âgé de seulement six ans, doit multiplier les petits boulots, comme vendeur de chewing-gum ou cireur de chaussures, pour espérer ramener quelques wons qui lui permettront de nourrir sa famille. Sa mère est partie il y a quelques années, abandonnant ses enfants et son mari, malade et sans emploi.
Résumée ainsi, l'histoire de Youn-bok paraît sordide. Et, en un sens, elle l'est. Ce qui l'est le plus (sordide), c'est qu'il s'agit d'une histoire vraie : le jeune Youn-bok a réellement existé et a écrit un journal intime pour raconter son quotidien. Découvert par un de ses professeurs, son journal fut publié et remporta un très vif succès. Il y eut même un film adapté dans les années 1960. En Corée, l'histoire du petit Youn-bok est connue de tous.
Ému par cette histoire alors qu'il était encore enfant, le dessinateur Lee Hee-jae (né en 1952) a eu l'idée de l'adapter en bande dessinée - pardon, en "manwha", pour reprendre le terme coréen qui désigne traditionnellement les mangas en Corée. L'album Chagrin dans le ciel rend ainsi hommage au courage de ce valeureux Youn-bok et fait revivre la Corée des années 1960.
En lisant cet album, je me croyais un peu dans un Dickens asiatique. J'ai également beaucoup pensé au manga Gen d'Hiroshima dont je continue la lecture (j'en suis au 5e tome). Mais, contrairement au manga de Nakazawa, l'album est en couleur. Certes, des tons sombres, à dominante sépia, mais dont le style un peu aquarélisé atténue la gravité de la situation. Il y a également dans ce manwha un optimisme, voire une certaine naïveté, qu'on ne retrouve pas dans Gen d'Hiroshima. Beaucoup de belles valeurs - courage, travail, solidarité, respect des maitres d'école... - et en même temps un style sensible et émouvant qui fait passer cet aspect qui pourrait parfois paraître trop didactique.


Chagrin dans le ciel est la première BD coréenne que j'ai lue. Il devrait y en avoir d'autres... Hé oui, grande nouvelle : nous avons réservé les billets d'avion pour notre prochaine destination de vacances ! Et ce sera la Corée du Sud et le Sud du Japon (la région de kyushu) ! On part début avril pour Séoul et on revient trois semaines après de Fukuoka au Japon.
On ne connaît quasiment rien à la Corée et on n'a encore quasiment rien préparé... Mais la perspective de découvrir un nouveau pays et d'approfondir la connaissance d'un autre qui nous est cher nous ravit !
Si vous avez des conseils à nous donner, concernant notre voyage n'hésitez pas !

Chagrin dans le ciel
Hee-jae Lee - Youn-bok Lee
Casterman
Hanguk
2004

  • Quelques critiques ici ou ici.


Retour vers le passé

Saviez-vous que j'étais allé au Japon dans les années 1970, alors que cette petite fille n'était même pas née ?

Si, si, je vous jure, c'est vrai ! J'ai retrouvé dans un vieux carton plein de poussière de vieux polaroïds pris à cette époque :
Je me souviens bien de ce voyage... Quand j'allumais la télé à l'hôtel, je voyais Candy et Golodorak qui passaient en boucle sur les écrans. Ah, le bon vieux temps !

Euh ? Bon, oui, je l'avoue, je suis en pleine distorsion temporelle là ! La vérité-vraie-juré-craché, c'est que j'ai trouvé ce logiciel sur le net et, en au moins de deux, je me suis mis à prendre des polas virtuels !

Et puis, tant que j'y étais, je suis allé aussi sur Photofunia faire des photomontages hypra faciles sans même avoir Photoshop !

Ah, qu'est-ce qu'on s'amuse le dimanche matin lorsque les Moun font la grasse matinée...

jeudi 22 janvier 2009

A la force du mollet sur le Tokaido

Hiroshige, Sur la route de Tokaido
3e relais : Kanagawa
"Vue du sommet de la montagne" (Dai no kei)

C'est "à la force du mollet sur le Tokaido*" que je remonte le chemin escarpé qu'emprunte le troisième relais peint par Hiroshige. Je suis le personnage en bas à droite, avec l'énorme sac à dos sur les épaules.
Je ne me soucie pas des servantes des maisons de thé qui racolent les passants. Peut-être que les deux hommes devant moi, qui vont se laisser séduire, s'appellent Kita et Yaji, comme les personnages de l'écrivain Jippensha Ikku. Les deux drôles sont insouciants et fantasques. Avec mes mollets de randonneur, je vais facilement les doubler sur la route qui me mène à Kyoto.
Pour me donner du courage, je pense à la belle vue que j'aurai lorsque je serai arrivé en haut de la côte. Je verrai ces magnifiques voiles blanches, sur la mer d'un bleu profond. De quoi donner envie de partir loin, loin... si loin.


* C'est le titre de la célèbre œuvre de l'écrivain Jippensha Ikku, le Dickens japonais (dixit Wikipédia). Livre de "gesaku", c'est-à-dire ouvrage comique et moqueur, plutôt léger, publié en 12 parties entre 1802 et 1822.


dimanche 18 janvier 2009

K-do

En ce moment, c'est boulot, boulot, dodo, boulot, coursage de chats dans les couloirs, boulot, consommation de litres de thé vert, boulot, lecture (quand il reste du temps, c'est-à-dire 5 min avant de dormir)... et encore boulot !
Mais bon, heureusement, les amis sont sympas avec nous, les Moun, et, grâce à eux, c'est aussi : cadeaux !
Samedi dernier, nous avons reçu deux sympathiques cadeaux japonais !

Le premier est venu sonner à notre porte à 9 h 30 et s'est d'abord matérialisé sous les traits portugais de notre gardienne. Mais le cadeau, ce n'était pas notre chère Mme Dos Santos (elle s'appelle pas comme ça en vrai, mais bon, je change les noms pour préserver l'anonymat), mais c'était ce qu'elle avait dans les mains : une grande enveloppe brune avec pleins de timbres japonais dessus !
Comme à peine 1/4 de l'effectif de la maisonnée était réveillé à cette heure-là, c'est Geisha Line qui a eu la joie de décacheter toute seule l'enveloppe, et, à l'intérieur, de découvrir ceci :
Dans un joli emballage kittiesque, une jolie trousse Hello Kitty, accompagnée d'une pomme Hello Kitty aimantée et d'un Daruma... et puis surtout une belle carte signée de son expédirice : Noriko, la correspondante de Geisha Line, rencontrée à Nara en avril dernier !
Geisha Line était super touchée par cette gentille attention (car on suppose que ce n'est pas à Maître Moun que les Hello Kitty étaient destinés, einh !).
Noriko est particulièrement tombée juste en choisissant de nous envoyer un "Daruma". C'est en effet elle qui nous avait expliqué l'année dernière qui est cet étrange personnage. On le voyait partout et on ne comprenait pas pourquoi ce drôle de type n'avait pas de yeux.

En fait, il s'agit d'une figurine que l'on trouve dans les temples et qui est porteuse d'espoir. En effet, on fait un voeu et, en même temps, on peint un des yeux manquants. Lorsque le voeu s'est réalisé, on peint alors le deuxième oeil (le droit), en signe de remerciement.
Les Moun n'ont pas encore fait de voeu... mais ça ne saurait tarder !

Le deuxième cadeau, reçu samedi soir, venait de bien moins loin : de Paris, tout simplement ! Le voici, directement sorti de la pâtisserie japonaise Aoki :
Qu'est-ce que c'est ???? Non, ce n'est pas une palette de peinture et non, Maître Moun ne s'est pas soudainement découvert un génie d'artiste spécialiste es couleurs !
Il s'agit en fait de chocolats absolument DE-LI-CIEUX ! Ils sont parfumés à des arômes improbables comme le wasabi, le sésame ou le thé vert. Ça fond sous la langue et c'est d'une grande beauté. Presque si beau qu'on ose à peine y goûter, c'est dire !

Bref, un grand merci, chers amis !

  • Pâtisserie Aoki
    A Paris : 3 lieux de vente - rue de Vaugirard, Port Royal, Lafayette Gourmet.